VERS LA FIN DES EXECUTIONS PUBLIQUES A ACEH ?

PARTAGER SUR

Alors que l’Indonésie essaye de redorer son blason de pays musulman modéré après l’incarcération du gouverneur chrétien de Jakarta Basuki Tjahaja Purnama pour blasphème, il clair que les flagellations en public de citoyens condamnés pour adultère ou homosexualité à Aceh sont contreproductives.

Dans ce but, et deux mois après que cette province très pieuse ait attiré l’attention internationale avec l’exécution publique de 85 coups de cravache administrés sur un couple homosexuel, le gouverneur de cette région régie par la charia est en train de réévaluer la situation.

Il n’est bien sûr pas question de révoquer la loi islamique mais plutôt les applications des peines qui ne seraient plus publiques, afin de cesser d’attirer l’attention de la presse internationale et de prévenir un impact négatif sur les investissements extérieurs.

Ces changements ont provoqué quelques remous dans l’Archipel depuis que les médias locaux ont relaté que le président Jokowi en personne avait rencontré le nouveau gouverneur d’Aceh, Irwandi Yusuf, avec au programme les moyens d’améliorer l’image de la province à international.

Une image bien évidemment déplorable et qui va à l’encontre des efforts du gouvernement pour la promotion d’un islam tolérant typiquement indonésien et labellisé « islam nusantara ».

« Nous allons minimalisé la couverture des médias et conduire ces exécutions à l’intérieur des prisons. Pour l’instant, c’est devant les mosquées, juste après la prière du vendredi », a commenté de façon pragmatique le vice-gouverneur Nova Iriansyah.

Il a ajouté : « Je pense que le gouvernement national a raison, nous devons faire quelque chose. »

La décision de cacher les exécutions, qui avait pour but à l’origine de dissuader la population de commettre ces « crimes » au regard de la loi musulmane, n’est pour l’instant qu’au stade de l’étude.

Des milliers de personnes assistent à ces exécutions, les filment avec leur téléphone et réagissent bruyamment à la souffrance des condamnés en poussant des cris comme à un spectacle. Des enfants sont régulièrement vus aux premiers rangs.

Ces changements devront toutefois être approuvés par les oulémas et la législature de la province.

Il faut rappeler également que c’est le gouvernement central qui a institué la charia à Aceh lors de la signature du traité de paix avec cette région rebelle peu après le tsunami de 2004. La charia ne faisait pas partie des revendications des autorités locales.

Enfin, il faut savoir qu’Aceh est la région d’Indonésie qui possède les plus importantes réserves pétrolières et les investissements étrangers sont fortement espérer pour développer la province.

D’après New York Times

1 COMMENTAIRE

  1. Bonjour,
    J’ai lu avec intérêt votre article.
    Néanmoins, si les exécutions ne seront plus publiques, dans quelles conditions seront-elles exécutées dans les enceintes des prisons. Une image bien évidemment déplorable et qui va à l’encontre des efforts du gouvernement pour la promotion d’un Islam tolérant typiquement Indonésien et labellisé « Islam nusantara ». Je crains, que cela ne soit encore pire.
    Enfin, si cette nouvelle réglementation devait être appliquée pour que les investissements étrangers reprennent et se poursuivent, il restera a jamais, des victimes anonymes, souvent innocentes, bafouées dans leurs droits de vivre, normalement leurs vies.
    A mon avis, le gouvernement Indonesien devrait a l’avenir, séparer la religion du pouvoir politique. Dans ce cas, ce serait plus clair et surement approuvé, par le plus grand nombre du peuple Indonésien.

LAISSER UNE RÉPONSE