ILS SONT VENUS S’INSTALLER SUR BUKIT ET NOUS RACONTENT POURQUOI

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Vivre à Bali est le rêve de beaucoup, oui, mais où exactement ? Entre Seminyak et Canggu, il y a déjà un monde aujourd’hui, alors entre Bukit et Ubud, qu’est-ce qui fait la différence ? Dans ce deuxième volet, cette fois consacré à Bukit, la presqu’île calcaire du sud de Bali et paradis des surfeurs qui ont fait sa réputation, nous avons rencontré des gens qui ne jurent que par cette « colline » aux falaises abruptes. Pourquoi ? Ils nous expliquent…

Arpad Leclerc, un jeune Belge de seize ans accro au surfBUKIT ARPAD 1
Arpad est arrivé à Bali avec ses parents à 7 ans. Habitant à Seminyak plusieurs années, la famille a décidé de s’installer à Bukit l’année dernière pour s’éloigner un peu plus de la « ville ». Sa mère, propriétaire d’une entreprise de lingerie dans la région passe beaucoup de temps à Bukit ainsi que son père qui est comme Arpad un amoureux du surf. Plutôt isolés, ils vivent en haut de Bingin entourés seulement d’un couple indonésien et d’un voisin néozélandais. Ce qui les a surtout séduits dans la région c’est un terrain spacieux où ils ont pu construire une maison qui leur ressemble : grande, ouverte dans le style d’un bungalow. Le déménagement à la campagne comme le souligne Arpad leur a permis d’échapper au bruit des scooters, des commerces ou tout simplement de la vie bruyante qui régnait à Seminyak, tout en restant sur l’île : « Ici le bruit principal, ce sont des coqs et des vaches. C’est plus lent, tout va si vite dans la ville alors qu’ici, c’est plus agréable. C’est le Seminyak d’avant ». Le jeune homme souligne que la population principale est composée des surfeurs qui viennent pour quelques mois comme des Allemands, Australiens ou même les Hawaïens afin de profiter des vagues balinaises. Et même s’il n’y a pas beaucoup de restaurants ou de commerces dans son coin, la passion pour le surf compense tous ces petits inconvénients.
A son jeune âge, Arpad a déjà 9 ans de pratique de surf derrière lui et se considère comme un expert. Il prend part aux compétitions qui se tiennent à Bali. Il connaît non seulement toutes les spécificités de la pratique du surf mais aussi les particularités de chaque plage du Sud de l’île. Six vagues principales sont intéressantes pour les surfeurs d’après Arpad : la première étant Padang-Padang, qualifiée de la meilleure vague du monde par les professionnels, Uluwatu avec la vague longue et les tubes, Bingin, qui a pour spécificité la vague particulièrement étalée, Dreamland et Balangan qui sont plutôt pour les débutants. Arpad qui surfe deux fois par jour et souhaiterait en faire son métier ne s’imagine pas pour l’instant loin de l’île et de Bukit qui est devenu sa maison, bien que plus tard il aimerait découvrir d’autres paradis du surf tels que Tahiti. Son épanouissement personnel se résume en deux mots : surf et voyage.

Les plages de sable blanc d’Halida Ilahude LeclercBUKIT HALIDA 2
Halida Ilahude Leclerc, Indonésienne francophone et francophile originaire de Gorontalo, est arrivé à Bukit en 1998 en famille. D’abord installée avec son mari français et ses deux filles à Balangan, la famille mixte a bougé ensuite vers Pecatu. « A l’origine, nous avions choisi Bukit pour un projet de vie en famille, c’était un endroit qui était resté encore intact et c’est toujours vrai aujourd’hui malgré le développement de ces dernières années », assure cette « fixeuse » de productions audiovisuelles françaises pour des tournages en Indonésie. Et quand on lui demande ce que Bukit a de si spécial, elle répond du tac au tac, c’est le seul endroit de Bali où on peut voir… Bali ! Eh oui, de ces fenêtres orientées vers le nord, sa double villa de Pecatu a effectivement une vue imprenable sur l’île. Et quand on regarde vers l’ouest, c’est un magnifique coucher de soleil qui s’offre aux yeux de ses locataires tous les soirs. « Bon, c’est vrai, nous n’avons pas de rizières, concède-t-elle l’œil pétillant, mais nous voyons les avions décoller et atterrir au loin toute la journée. » Les atouts indiscutables de Bukit ? Ses plages bien sûr, qu’elle dénombre à une dizaine, « toutes blanches », d’ailleurs sa préférée, c’est « Thomas’ Beach », après Padang Padang. Golfeuse passionnée, elle a un terrain juste à côté de chez elle. Elle nous assure également qu’on mange très bien à Bukit, warung ou restaurants, et que depuis quelques années, il y très facile de faire ses courses. Alors, qu’est-ce qui ne va pas là-haut sur sa colline ? Les embouteillages évidemment. Il faut ruser et éviter les heures de pointe. Selon Halida, il faut partir très tôt le matin et remonter à l’heure du déjeuner, au plus tard avant 14h00. Ou alors, tard le soir, après dîner, vers 21h00-22h00.

Pascal et Marie-Eve Morabito et leur « Morabito Art Cliff » de BinginBUKIT MORABITO 5
Marie-Eve : « Nous partageons notre vie à Bali entre deux endroits très différents mais tous les deux en bord de mer. En semaine, c’est notre immense maison de Berawa avec une équipe de 25 personnes pour la faire tourner ;  le week-end, notre petit paradis perché sur la falaise de Bingin à Bukit, je congédie les butlers, un par étage, qui s’occupent d’ordinaire de préparer les petits déjeuners à nos clients et de leur réserver leurs sorties et je me retrouve dans une vie plus simple, je fais la cuisine. »
Pascal : «  Bingin, c’est Lourdes pour moi. Quand je me suis intéressé à cet endroit en aidant financièrement un ami, puis en faisant les plans de rénovation et d’agrandissement, je ne pouvais presque plus marcher. Il fallait me porter pour descendre les 80 marches qui mènent jusqu’à cet ancien warung que j’ai transformé au fil des ans, j’ai apporté l’art sur la falaise. Je me suis remis à marcher au fur et à mesure, Bingin m’a sauvé. »
Marie-Eve : « Le paysage est incroyablement changeant. La mer découvre les coraux, il y a de grands mouvements de sable, on ne se lasse jamais de ce paysage grandiose. »
Pascal : « Je me suis inspiré du style de Santorin pour la terrasse supérieure. Mais quand on est à Santorin, on est à Santorin tandis qu’à Bingin, on est partout dans le monde, il y a des similitudes avec des tas d’endroits. »
Marie-Eve : « La population de Bingin est très jeune, on ne voit que de beaux surfeurs et des filles magnifiques. D’ailleurs, tous nos voisins sont surfeurs. »
Pascal : « A Berawa, on n’a de rapport qu’avec le banjar tandis qu’ici à Bingin, on est en prise avec les Binginais, des Balinais pur jus, les pêcheurs, notre voisin qui élève ses coqs, le tenancier du warung… »
Marie-Eve : «  Le seul inconvénient, c’est les embouteillages, on n’est pas les seuls à apprécier ce  coin de Bali, il faut bien gérer ses déplacements en voiture. »
Pascal : « Heureusement, on a un bateau, de notre plage de Berawa jusqu’à notre plage de Bingin, la traversée ne dure que 20 mn. »

Géraldine Japy, jeune retraitée en quête de tranquillité et d’épanouissement personnelBUKIT GERALDINE
Géraldine Japy est venue s’installer à Bukit en 2014. Cette libraire de Val d’Isère recherchait avant tout une relation proche de la nature et le calme d’une île paradisiaque. Venue plusieurs fois en vacances, c’est surtout la rencontre avec son futur mari à Bali qui l’a poussée à franchir le pas et quitter la France pour s’installer ici. Passant de « l’extrême montagne à la mer » comme elle le déclare, elle consacre beaucoup de temps à lire et à observer la vue époustouflante sur l’océan et la végétation depuis sa terrasse. Vivant sur la partie est de Bukit, dans la forêt des hauteurs du village de Sawangan, elle est surtout entourée de résidents étrangers qui vivent là à l’année, ils ont créé un groupe sur Facebook pour mutualiser des commandes de nourriture bio par exemple. « Ce n’est pas le Bali de tout le monde, on ne croise pas de vacanciers. On dirait qu’il n’y a pas d’activité économique et le sourire des gens est particulier dans le village. » Les cérémonies traditionnelles sont bien sûr aussi présentes dans cette zone géographique et elle se sent plus proche que jamais de la riche culture balinaise : « Durant les cérémonies, on entend tout depuis ma villa et on a vraiment l’impression que le son monte de l’intérieur de la forêt. C’est assez exceptionnel. » Même si certaines personnes ne comprennent pas ce style de vie et considèrent qu’elle vit dans l’isolement comme « une sauvage », cette jeune retraitée voit les choses autrement et se félicite de ne pas vivre dans l’anonymat comme dans d’autres zones de Bali. Elle continue à faire du paddle sur la plage de l’hôtel Nikko, d’acheter son poisson dans le village de pêcheurs d’à côté ou simplement de déjeuner avec ses amis dans les restaurants locaux. Les weekends, elle se déplace vers Canggu ou Seminyak pour profiter de la vie animée ou bien ses amis lui rendent visite : « On va à la campagne chez Géraldine », qu’ils disent.

Alban Kibarrer, une vue imprenable sur la baie de JimbaranBUKIT KIBARER 2
« Je travaille dans l’immobilier à Bali (cf. La Gazette de Bali n°118 – mars 2015) et j’ai mis un soin particulier à me dégoter un terrain pour construire la maison de mes rêves. A 5 mn du GWK, sur les contreforts de Bukit, j’ai une vue imprenable sur la baie de Jimbaran. Comme ma société est basée sur Jl. Petitenget, j’ai d’abord cherché un terrain du côté de Canggu mais je n’ai rien trouvé qui correspondait à mon caractère. Je voulais impérativement un terrain avec une belle vue donc je me suis concentré sur Bukit bien que ce soit à 50mn en voiture de mon bureau. Les terrains en bord de falaise sont souvent inabordables parce que les parcelles sont trop grosses mais je cherchais plutôt une vue changeante et animée de jour comme de nuit. Il y a 5 ans, j’ai donc acheté ce terrain qui domine toute la baie de Jimbaran et je ne regrette pas mon choix. Ce qui rebute souvent les acheteurs sur Bukit, c’est qu’il n’y a pas d’eau pour tout le monde mais moi, j’ai la chance de recevoir l’eau de la ville. Et les deux fois où nous avons été coupés, il a suffi de commander le camion-citerne qui livre 6000 litres pour 200 000rp. La vie est moins chère de 20 à 25% qu’à Seminyak et les terrains coûtent deux fois moins cher qu’à Canggu (compter 3,5 à 7 millions/are/an selon l’emplacement et de 250 millions à un milliard en pleine propriété sur une falaise). Je remarque aussi que le marché de la location saisonnière est très actif et souffre moins de la concurrence que vers Seminyak et Canggu. On s’adresse ici à une clientèle qui cherche soit de bons prix (une moyenne de 70 USD/nuit) soit de l’espace. Pour ma part, je profite des belles plages de Bukit pendant mes loisirs, ma préférée reste Bingin. J’aime beaucoup aussi le beach-club du Karma Kandara et je vais nager sur les plages de Nusa Dua. Depuis que la jalan tol a été construite, Bukit n’est plus enclavé comme il l’a été jusqu’à présent. Même si on a envie d’être plutôt sédentaire quand on est perché sur Bukit, on peut bouger très facilement. »

Karl Kaddouri, entrepreneur et amoureux de la natureBUKIT KARL
« La petite richesse de Bukit, c’est de vivre dans la nature, un peu retiré du monde. Ici, c’est la Normandie 6 mois de l’année, le reste du temps c’est tout sec. Bukit est en plein développement mais encore finalement très peu construit. Pour moi qui suis amateur de jogging, je cours vraiment dans des espaces immenses, pas exploités. Bukit m’a plu tout de suite, j’y vis depuis 2012. Comme je suis Niçois dans l’âme, je ne peux pas vivre loin de la plage et ici, il y en a de toutes sortes : des désertes comme Nyang Nyang ; des branchées comme Uluwatu ; des familiales comme Bingin. Et c’est le seul endroit de Bali où on trouve du sable blanc.  Quand on a envie de voir du monde, on a à portée de scooter toutes sortes de restos et de lieux très fréquentés et puis on est à peine à une demi-heure de l’aéroport. Avec ma longue expérience dans la restauration à Juan-les-Pins, j’ai d’abord travaillé dans l’hôtel de mon frère à Balangan, c’était une étape transitoire pour pouvoir m’installer à mon tour. Ensuite, j’ai acheté un coin de terrain il y a deux ans (3,5 millions/are) pour y construire mon propre ensemble de bungalows, le tout pour 110 000 euros. J’ai tâché de tout intégrer au mieux dans la nature, sans rien couper. Avec l’immense stock de bois de récupération dont j’ai fait l’acquisition, j’ai construit mon éco-lodge avec une très bonne équipe, ça va du dortoir jusqu’à une maison dans les arbres,
de 250 000rp à 1 200 000rp la nuit, tout s’articule autour d’une petite place de village. Parmi mes clients, on trouve beaucoup d’Allemands fans de nature, c’est aussi la raison pour laquelle j’ai pas mal axé ma carte sur une alimentation vegan qui suit aussi mes convictions. On est encore au tout début du développement à Balangan, c’est un petit joyau très préservé, j’espère qu’il le restera. »

 

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