Lamazou: pour la défense des droits des femmes du monde

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La Gazette de Bali : Comment vous est venue cette idée des « Femmes du monde » ?

Titouan Lamazou : J’ai fait un jour à Bali le portrait de Dayu, une destinée particulière partagée entre son appartenance à une haute caste et son métier de serveuse au Planet Hollywood. Comme beaucoup d’artistes, j’aime les femmes, j’aime les peindre et les photographier, ce n’est pas très original mais mon travail a pris rapidement un tournant militant. J’ai voulu réaliser un portrait subjectif du monde à travers toutes ces destinées de femmes remarquables, ce projet est devenu le livre de la défense des droits des femmes, des militantes. Mon premier voyage en 2001 a été pour la Corne de l’Afrique, la matrice des mutilations féminines et de toutes sortes de privations de liberté. Ensuite, je suis revenu en Indonésie pour faire 15 portraits entre Jakarta, Bali, Flores et Savu.

LGdB : C’est grâce à ce travail que vous êtes devenu artiste de l’Unesco pour la paix ?

T.L : Oui, l’Unesco décerne ce titre à des artistes qui défendent une cause. Ca me facilite beaucoup la tâche auprès de toutes sortes d’autorités, depuis la Marine indonésienne jusqu’au Haut Comité aux Réfugiés pour mon travail actuel au Mali et un livre que je prépare sur les réfugiés touaregs.

LGdB : Pourquoi cette expo à Bali ?

T.L : Ce n’est pas la première fois que j’expose en Indonésie, le centre culturel français de Jakarta m’avait organisé une expo intitulée « Femmes Indonésiennes » en 2005 à la Galerie Nationale. J’ai profité de ce que ma fille Anaïs est scolarisée cette année à l’école française de Bali pour accrocher quelques-uns de mes portraits, pas uniquement indonésiens, dans la galerie Nacivet. Je connais Jean-Paul et Danièle Nacivet depuis mes débuts à Bali, je me suis souvent réfugié chez eux pour écrire dans le calme.

LGdB : Un marin comme vous doit sentir quelque attirance pour le plus grand archipel du monde ?

T.L : Je suis loin d’avoir sillonné toute l’Indonésie mais j’ai une attirance particulière pour la mer de Flores, c’est un coin magnifique. La variété des bateaux et la beauté des femmes des petites îles de la Sonde me rappellent beaucoup le Pacifique et surtout la Polynésie où j’ai vécu. Il figure d’ailleurs dans l’expo un portraiitouant d’une femme de Savu aux longs cheveux dans lesquels j’ai glissé les mots Tahiti, Fidji et Samoa.
Propos recueillis par Socrate Georgiades

Exposition « Femmes du Monde » de Titouan Lamazou. Nacivet Art Photography, Jl. Raya Seminyak n°71, Seminyak. Tél. (0361) 73 21 27, courriel : [->contact@nacivet.com]. Plus d’info sur l’artiste : [->www.titouanlamazou.com]

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