Un chef se met à table

PARTAGER SUR

Est-ce qu’un nom ou une adresse a compté pour vous dans la cuisine ?

Tout le monde cuisine dans ma famille, les hommes comme les femmes, chacun avec sa spécialité. Pour nous, un repas est toujours une fête, un moment de partage avec des saveurs autant indiennes que chinoises, françaises que créoles, des enfants qui courent partout, de la musique, des rires.

Qu’est-ce qui vous guide dans la cuisine ? Une pensée ? Un secret ? Une méthode ?

Pour moi, on peut toujours apprendre les bases de la cuisine mais en exécutant le plus scrupuleusement une recette, on n’obtient jamais qu’une exécution parfaite mais rien qui ne s’inscrira sans doute jamais dans la mémoire. La cuisine, c’est une alchimie dans laquelle intervient la mémoire familiale, l’esprit du jour, le subtil équilibre des ingrédients entre eux parce que chaque jour, en fonction du marché et de tout un tas de facteurs, les goûts varient. Je fais en sorte que mes amis et mes clients n’oublient jamais mes plats, je dédie tous mes efforts à cela !

Quel ingrédient ou saveur avez-vous découvert à Bali ?

En vivant en Australie, je connaissais tous les produits de Bali même s’ils étaient inabordables en raison de leur prix. J’ai découvert ici le riz rouge, je trouve que c’est une vraie bénédiction. J’aime aussi la noix de coco fraîche et le jus qu’on en tire, la beauté du dragon fruit.

Que vous a apporté Bali dans votre métier ?

Je n’avais auparavant jamais eu d’expérience dans la restauration et j’ai vraiment découvert ma voie, on peut tellement donner et apporter aux gens en les nourrissant ! J’ai sérieusement de la chance avec mon équipe, j’apprends d’eux comme ils apprennent de moi, ils n’ont pas peur de faire des suggestions. Je les associe aussi au recrutement et ça donne de très bons résultats.

Y a-t-il une table autre que votre restaurant que vous recommanderiez à Bali ?

Sur notre zone, j ’ ai envie de recommander le warung Kolega (Jalan Petitenget) pour la grande variété de ses plats, son cumi cumi au chili, ses sate de bœuf. Dans un autre registre, le restaurant Candi (jalan Oberoi) pour leur magnifique interprétation de la cuisine indonésienne et Sarong (Jalan Petitenget) pour ses saveurs étonnantes et son côté slow food asian style.

Quel est votre plat préféré sur votre carte ?

Mon Kreol Platter a du succès, c’est un curry façon mauricienne, ça change tous les jours. Les Australiens viennent aussi beaucoup pour mes South Melbourne Dim Sims, ce sont des bouchées vapeur à la mode australienne pour lesquelles les gens font des heures de queue dans une boutique de Melbourne. J’ai aussi pas mal de recettes inspirées par l’association des femmes paysannes australiennes qui publient chaque année un livre. Tout ce qui fait travailler la mémoire olfactive a sa place à Kreol Kitchen, voilà pourquoi je fais moi-même ma sauce tomate, mes wraps et tous mes gâteaux. J’ai aussi pris le parti de ne pas servir de Coca ni de Fanta, je fais mes sirops moimême
et les gens en redemandent.

PARTAGER SUR

PAS DE COMMENTAIRES

LAISSER UNE RÉPONSE