Total produit le tiers du gaz indonésien

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Javanais, originaire de Malang, Hardy Pramono a fait ses études à l’Institut Technologique de Bandung. Il est entré à Total Indonésie en 1983. Il y a gravi les échelons avant d’être expatrié trois ans en Terre de Feu (Argentine). Revenu en 2003, il est devenu directeur d’une importante zone de production dans le delta du Mahakam. En 2006, il est promu vice-président des opérations sur le terrain avant de devenir récemment le nouveau vice-président exécutif. Rendez-vous est pris dans son bureau à Balikpapan.

La Gazette de Bali : Quel est le plus grand succès de Total depuis son implantation en Indonésie ?

Hardy Pramono : Total est présent dans la zone depuis quarante ans. Au départ, nous étions opérateur pour produire uniquement de l’huile. Les choses ont beaucoup évolué. Nous avons découvert du gaz sur plusieurs sites. En 1982, nous avons commencé à le compresser et à l’exporter vers l’usine de liquéfaction de Bontang. Dès 1986-1988, nous avons atteint un équilibre entre la production de gaz et d’huile. Dans la production d’huile, il faut compter une part importante de condensats (pétrole léger) qui sont traités et partent à l’exportation. Aujourd’hui, dans le delta du Mahakam, nous produisons chaque jour 100 000 barils d’huile et 2 600 millions de pieds cubiques de gaz naturel. Cela signifie que le tiers du gaz produit en Indonésie est produit par Total.

LGdB : Que reste-t-il à faire ?

H P : Nous opérons aujourd’hui sur six différents sites de production. Tous ces sites sont interconnectés entre eux. C’est d’une grande complexité technique. Chaque année, nous mettons en route une centaine de nouveaux puits. Nous avons des projets qui se construisent en permanence. Tous les trois jours, le forage d’un nouveau puits débute. Il faut imaginer le travail en amont. Nous devons nous procurer le matériel, préparer les procédures et se connecter au nouveau puits. Nous avons quarante barges de « well service » dans le delta qui assurent une maintenance permanente. En terme de logistique et de communication, c’est colossal. Dans d’autres filiales plus petites de Total, comme au Qatar par exemple, vingt ou trente puits sont forés en même temps. Ici, c’est un vrai défi. Aussi bien dans le domaine technique que dans la gestion de la sécurité. Une priorité sur les sites. Aujourd’hui, nous sommes capables de forer de nouveaux puits tout en maintenant la production. Nous faisons ainsi beaucoup d’opérations simultanées. Il nous reste encore beaucoup à faire pour faire face au déclin des réserves.

LGdB : Vous êtes le premier Indonésien promu à ce poste. Les choses vont-elles changer avec votre arrivée ?

H P : J’espère que ce sera encore mieux ! Jusque-là, la mixité culturelle entre les Indonésiens et la communauté française a très bien fonctionné. Cette combinaison existe depuis de nombreuses années. Il n’y a aucune raison que cela change. Je considère que je suis l’hôte des expatriés. Cette diversité est une force pour l’entreprise. Total développe une communication d’entreprise, la «  Total Attitude » avec des notions comme le support mutuel, l’écoute, la solidarité. Cela intègre très bien cette idée de mixité. La fusion des deux clubs de loisirs, le Batakan pour les expatriés et Orsosbud pour nos employés indonésiens, devrait favoriser ces rencontres.

LGdB : Total consacre un budget important aux programmes communautaires dans la zone. Vous arrive-t-il d’avoir des problèmes avec des ONG locales qui se plaignent de la présence des installations pétrolières ?

H P : Non franchement, Total n’a pas connu de problème majeur. Nous avons un service très important qui assure les relations avec les communautés. Le voisinage avec les sites pétroliers se fait en bonne harmonie. C’est notre préoccupation première. Nous avons des programmes très importants dans le delta du Mahakam. Ils ont trois buts principaux : anticiper les besoins du futur, opérer le respect de l’environnement et contribuer au développement économique de tous. Ainsi les projets se multiplient, aussi bien dans le domaine des énergies alternatives (installation de panneaux solaires) que dans celui de la préservation de la culture locale. Un conservatoire des traditions dayaks devrait bientôt ouvrir ses portes à Balikpapan.

LGdB : Total E&P Indonésie est le premier contractant qui finance et réalise tous les travaux pour le compte de la société nationale, BP Migas, titulaire des droits miniers. Les réserves s’amenuisent. Comment imaginez-vous l’avenir ?

H P : C’est un problème auquel nous nous préparons. Nous avons signé un contrat avec le gouvernement indonésien jusqu’en 2017. C’est-à-dire demain. Les négociations continueront après cette date. L’engagement avec BP Migas est très fort. Après quarante ans, nous avons assez d’expérience pour savoir que nous avons créé un réseau qui fonctionne. Je pense que pour les Indonésiens, le plus important c’est que nous produisions pour leur pays.

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