LE SPECTRE DU PKI UTILISÉ POUR BRISER L’OPPOSITION A UNE MINE D’OR

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Si la « peur des rouges » qui sévit en ce moment en Indonésie peut prêter à sourire par son manque total de pertinence, cela est beaucoup moins drôle lorsque cette paranoïa entretenue est utilisée pour réduire au silence les petites gens qui entrent en conflit avec les intérêts d’entreprises puissantes.

C’est ce qui est arrivé à un leader de la contestation contre une mine d’or à Banyuwangi, Java-Est, qui va être jugé en vertu de la draconienne loi anti-communiste du pays.

Dans un contexte que la presse locale a eu vite fait de nommer comme une résurgence du partai komunis Indonesia (PKI), Heri Budiawan pourrait être condamné jusqu’à 12 ans de prison.

Le procureur Budhi Cahyono affirme que les banderoles de la manifestation du 4 avril dernier contre la mine d’or comportaient des représentations de la faucille et du marteau.

« L’accusé menait les activités de contestation des manifestants et n’a pas arrêté ni empêché le placement sur les bannières du symbole de la faucille et du marteau qui est identique à celui du PKI, sachant que le communisme est interdit en Indonésie », a dit l’accusation au tribunal de Banyuwangi.

« L’action de l’accusé est contraire à la loi en rapport avec les crimes contre la sécurité de la nation », a poursuivi Budhi Cahyono.

Les associations environnementales affirment que la mine d’or, PT Bumi Suksesindo, utilise ces allégations de communisme comme une tactique afin de faire taire la contestation sur les dommages qu’elle crée sur l’environnement.

La personne qui a déposé plainte contre la supposée représentation de la faucille et du marteau en avril dernier est en fait un des dirigeants de la mine d’or.

De son côté, Heri Budiawan a nié ces accusations sans faiblir. « Aucune de nos banderoles n’avait un dessin de la faucille et du marteau », a-t-il dit à Fairfax Media.

Avant d’ajouter qu’il n’est d’aucune manière impliqué avec l’ancien PKI dans sa lutte contre PT Bumi Suksesindo.

« Je suis contre le PKI, je n’en veux pas en Indonésie non plus. S’il y avait une manif anti-PKI, j’en ferais partie », a-t-il ajouté.

Le communisme semble dont une accusation facile pour dénigrer ses opposants.

Heri Budiawan est persuadé que le procès dont il fait l’objet a été fabriqué à cause de son opposition à la mine, PT Bumi Suksesindo, qui, affirme-t-il, a détruit la forêt environnante et est responsable de nombreux glissements de terrain.

« C’est complétement fabriqué. Je sais que je ne suis pas coupable », a-t-il confié à Fairfax Media.

« Je ne suis pas un activiste, je ne suis qu’un villageois. La mine est en train de détruire notre lieu de vie », a-t-il conclu.

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