PRISE DE BEC

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Après El Rooftop d’Hacienda, Sky Garden Rooftop et Double Six Rooftop, voici que ces terrasses sur toits poussent comme les psylos sur les bouses de vaches ! Blu, Grow up, Above, JIM’BAR’N, Unique, U-Paasha, Imani Pool Bar, Smoqee Lounge & Sky Bar ou encore Single Fin, si vous n’avez pas le vôtre, c’est l’angoisse, vous êtes has been total ! Pourquoi la night balinaise prend-t-elle de la hauteur ? Pour péter plus haut que son cul dans des hôtels chics ? En espérant côtoyer les stars plus près des étoiles ? J’aimerais plutôt penser élévation spirituelle, ivresse des hauteurs et liberté en pleine ville : « free as a bird! »

Les cinéphiles espèrent croiser « La chatte sur un toit brûlant » et les zoophiles à la recherche de cigognes tombent plutôt sur des poules javanaises, bavardes comme des pies et entourées de rapaces. Prêts à tout pour ramener du gibier, des faucons maltais, mais vrais beaux parleurs, draguent une caille russe un peu faisandée. Un Colombien qui couve un bon rhume, gave une grosse oie niçoise avec ses salades. Tout juste arrivé d’Anvers, un Flamand rosi par le soleil se moque d’une députée viennoise qui pratique la politique de l’autruche. Un punk jamaïcain, la crête en pétard, est le dindon de la farce. Il s’est brûlé les ailes en montant sur ses ergots devant le videur. Un Kiwi all black, corbeau gothique un brin poète, récite « L’albatros » à une grue qui a des heures de vol mais dont le ramage est aussi beau que le plumage. Il la ramena à l’Hôtel Ibis. Mais ne sachant pas que Bécassine était sa cousine, ils eurent des enfants trisomiques ! Un DJ pingouin, loin d’être manchot, mixe du Birdy Nam Nam. Vous l’aurez compris, quand la fête est réussie sur un rooftop, c’est « Vol au-dessus d’un nid de coucou » !

Mais l’automne annonce aussi la migration de ces drôles d’oiseaux : Parisiens à col blanc, bécasses napolitaines, martins-pêcheurs irlandais et vautours en tout genre. Direction le Vieux Continent. Faute de grives, on mange des merles, ces rossignols troquent alors leurs tongs pour des skis. Ceux qui n’ont pas choisi la transhumance sont aux anges, Carl Cox, Sasha et John Digweed à Kudeta ou Carl Craig à Jenja.

Sinon, Moksa a ouvert à Legian pour être rebaptisé Soka une semaine plus tard. Sans faire mon oiseau de mauvais augure, Le Club, qui battait de l’aile à force de changer de nom a fini par s’écraser. Alors, prudence ! Mais cette basse-cour de haut vol attire surtout la jeune volaille locale. De l’élevage de fêtards en batterie !

Enfin, Oberoi devient le nouvel épicentre de la night. En face de La Favela, poule aux œufs d’or, Sky Garden ouvre une succursale. Après s’être spécialisé dans les dindes bataves élevées en plein air, Red Carpet ouvre à l’étage un club anti-techno entièrement climatisé : Late Red Carpet, ouvert jusqu’à tard. Et que dire d’Envy, qui ambitionne de devenir le Phoenix du quartier ? Musicalement, ça ne vole pas très haut dans la rue, mais tant qu’il y aura des pigeons pour aimer la soupe MTV, ça sera chacun son club et les poules seront bien gardées !

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