PARADIS ARTIFICIEL

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Coincé dans le trafic de Kuta, j’étais en pétard ! Sevré de musique et en manque de fun, je décidais de tester OPIVM « ze new place to be » et son orthographe incertaine, mais en vogue dans la Rome antique. Né de la rencontre entre l’ex-boss de feu-Townhouse (qui, rebaptisé la Sicilia, a d’ailleurs brûlé) et un transfuge de Pyramid, le lieu est situé dans Jalan Dhyana Pura, « rue de la soif » pour les anciens, « rue des bars gays » pour les néophytes. Mais comme pour être vieux et sage, il faut avoir été jeune et con, armons-nous d’un peu de patience ! Une fois devant, j’eus un flash : quelle somme avait bien pu être injectée dans un tel endroit ?

Les voituriers à l’entrée, mi-cirque Pinder, mi-Tintin au Congo, ressemblent à des caricatures coloniales, pas si éloignées de l’exubérance kitsch des drag-queens un peu plus bas. Psychédélique ! Une fois accueillis par une souriante mandarine vaporeuse, qui venait de prendre une dose de kératine chez Toni & Guy, on passe dans une antichambre chic, pour être immortalisés « façon Hollywood » par une pulpeuse photographe russe, avec qui, soit dit en passant, j’aurais bien ouvert un compte-joint au Crédit Mutuel, ou plus si affinités ! En entrant dans la salle principale, on est surpris par l’étroitesse de l’espace, comparée à la prétention de la façade. La religion est l’opium du peuple ! Ici la populace est parquée dans la fosse, alors que les castes supérieures, fortes de leurs magnums de Champagne, se pavanent haut perchées sur les mezzanines VIP.

Assoiffé et mis sur de bons rails par l’accueil chaleureux, je me faufilais vers le bar pour descendre un rhum-coca d’un trait. Niveau produits, rien d’illicite. Que de bons cocktails mais un brin addictifs. Et pas de prix prohibitifs. L’alcool n’est pas de contrebande, non plus. La longue attente pour obtenir un verre eut son effet sédatif. Je découvris que les WC étaient mixtes. Devant le miroir, deux arrogantes princesses en herbe, moins héroïnomanes que pétomanes, se repoudraient le nez. Mesdemoiselles, si le Prince Charmant a choisi Cendrillon plutôt que ses sœurs, c’est juste qu’elle fait mieux le ménage ! A défaut de poètes maudits, des DJs accros à leurs platines. Régulièrement, le club attire de vrais cracks comme Mark Knight ou Jay Lumen. Baudelaire doit se retourner dans sa tombe puis esquisser quelques pas de danse !

Le public est très cosmopolite. Un jeune freak, l’air extasié et qui sent bon le pain au pavot. Un skieur suisse, fan de poudreuse et qui avait confondu futsal et salle de shoot. Une mannequin brésilienne stupéfiante, tellement elle était bien roulée. En regardant fumer les filles légères en mini-jupe, les pipes qu’elles suggèrent ne sont pas forcément à l’opium. D’ailleurs, avec les danseuses érotiques en ombres chinoises hallucinantes, les acrobates sexy qui planent au-dessus de nos têtes ou les soirées Bad Boys, sorte de Chippendales kangourous, où toucher est permis à ces dames, la ligne directrice est définitivement coquine. Loin de devenir une drogue dure, on appréciera OPIVM surtout pour son côté récréatif. Un bon produit de substitution aux autres clubs, pour les accros de la night !

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