MASSACRES 65-66 : L’INDONESIE REJETTE LE VERDICT DE LA HAYE

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Les autorités indonésiennes ont rejeté les conclusions du Tribunal populaire International de La Haye qui déclare l’Indonésie coupable de crimes contre l’humanité lors des purges anti-communistes des années soixante.

Le 30 septembre 1965, après l’enlèvement et le meurtre de six généraux par des officiers rebelles, le général Suharto avait lancé une contre-attaque et accusé le parti communiste indonésien de ce coup de force.

Avec l’assistance économique, technique et militaire de la CIA, ainsi que l’aide des services secrets britanniques, Suharto a lancé les purges massives de membres du parti communiste, des sympathisants et de leurs familles.

Ce bain de sang, qui a coûté la vie à des centaines de milliers de personnes, est connu pour être l’un des pires de la deuxièmes moitié du 20ème siècle, mais été considéré comme une victoire contre le communisme par les Etats-Unis.

Après les purges, le président Sukarno avait été forcé de démissionner, laissant la place à Suharto et sa dictature militaire pro-occidentale qui a dirigé le pays jusqu’en 1998.

Le ministre indonésien des Affaires politiques, légales et de sécurité, Luhut Panjaitan a affirmé jeudi à l’AFP au sujet du panel de juges du tribunal de La Haye : « Ces tueries ne sont pas leurs affaires. Ils ne sont pas nos supérieurs et l’Indonésie a son propre système (judiciaire) ».

Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Arrmanatha Nasir a aussi rappelé que l’Indonésie n’avait aucune obligation de suivre les rendus du tribunal car ils n’ont pas de légalité.

Le président indonésien Jokowi avait exprimé son souhait de voir le dossier des atrocités commises en 65-66 enfin élucidées mais le gouvernement n’a jusqu’à présent pas fait beaucoup pour l’établissement de la vérité, encore moins pour entamer un processus de pardon et réconciliation.

Puisque les massacres ont été soutenus par la CIA, le tribunal de La Haye a également accusé les Etats-Unis de complicité dans ces événements. Le Royaume-Uni et l’Australie ont également fabriqué la propagande de l’armée indonésienne pendant cette période, précisent les conclusions de la cour.

Les Etats-Unis et le Royaume-Uni n’ont pas encore commenté le verdict, mais un porte-parole du ministère australien des Affaires étrangères a expliqué que son pays rejetait également les accusations de complicité dans ces massacres qui ont lieu il y a 50 ans. « Cette cour n’a pas de légalité, elle est basée sur une ONG des Droits de l’Homme », a-t-il dit.

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