MARIJUANA : 8 MOIS DE PRISON POUR USAGE THERAPEUTIQUE

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Un tribunal de Kalimantan (Bornéo) a condamné un homme à 8 mois de prison pour avoir cultivé de la marijuana dans un but thérapeutique, afin de soulager les douleurs de son épouse atteinte d’un cancer.

Cette dernière est décédée après son arrestation, a expliqué l’avocate de Fidelis Arie Sudewarto.

L’Indonésie a des lois parmi les plus répressives au monde en matière de stupéfiants. On y emprisonne ou condamne à la peine capitale quantité d’utilisateurs et de dealers, soi-disant pour faire face à ce qu’officiellement on nomme un « état d’urgence des narcotiques » dans le pays.

Cette approche dure est assez populaire dans l’Archipel mais l’histoire de Fidelis Arie Sudewarto a attiré la sympathie et l’indignation d’activistes.

Le tribunal de Sanggau (Kalimantan-Ouest) l’a condamné à 8 mois de détention et à une forte amende d’1 milliard de roupies ($75,000), a expliqué son avocate Marcelina Lin.

La peine est plus lourde que les 5 mois requis par l’accusation.

Le tribunal a estimé que Fidelis Arie Sudewarto n’avait pas d’autorisation pour utiliser de la marijuana et qu’il l’a fournie à une tierce personne. Le juge a toutefois admis qu’il n’était ni consommateur, ni revendeur.

L’avocate a expliqué que son client hésitait à faire appel. Il est déjà incarcéré à Sanggau.

La sœur du condamné, Yohana, a également expliqué à la presse que la famille était encore en train d’évaluer le pour et le contre d’un appel.

« Quelle que soit la sentence, cela ne lui rendra pas son épouse », a commenté la sœur dans un message.

Les activistes des Droits Humains ont unanimement condamné le verdict.

« Fidelis a peut-être commis un crime en plantant cette marijuana mais cela a été fait dans une situation d’urgence », a pour sa part commenté Andreas Harsono de l’association Human Rights Watch.

« Il a cultivé ces plants par amour pour son épouse. Il ne devrait pas aller en prison pour avoir aimé son épouse », a poursuivi Andreas Harsono.

L’Institut pour la réforme de la justice criminelle (ICJR) avait aussi lancé un appel pour que les charges soient abandonnées.

« Cette affaire devrait ouvrir les yeux du gouvernement, notamment ceux du président dont les affirmations sur la guerre aux narcotiques ont conduit à ce que Fidelis devienne une victime », a-t-il conclu.

Le président Jokowi a récemment dit aux forces de l’ordre qu’il ne fallait pas qu’elles hésitent à abattre les trafiquants, particulièrement les étrangers, afin de mieux faire face à la supposée situation d’urgence de la drogue dans le pays.

Jokowi a également été particulièrement critiqué par les associations de droit et certains gouvernements étrangers pour avoir ordonné l’exécution capitale de plusieurs trafiquants au début de son terme présidentiel.

D’après Reuters.

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