LA PEUR DU VIDE

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Ce mois-ci, je n’ai rien à vous dire ! Enfin, très peu. Saison calme, pluie monotone et rues dépeuplées. Vous l’aurez remarqué, à l’inverse de notre volcan préféré, il ne se passe pas grand-chose ; un peu de fumée sans feu tout au plus ! Bars déserts, restos dégarnis, dance floors clairsemés, hôtels inoccupés, villas inhabitées, soirées insipides et clubs au bord de la crise de nerfs. Pour éviter de se retrouver à sec, les établissements réduisent les budgets, annulent certaines soirées ou proposent des programmations à bailler d’ennui : une offre inconsistante, proche du vide sidéral.

Certes, çà et là, certaines fêtes peuvent, pourquoi pas, valoir le détour : Marc Romboy à Woobar, The Gathering de Re-set à Tuggu Hotel et Eagles and Butterflies ou Matthias Meyer à Jenja. Vous pourrez toujours, à défaut de sauter sur les tables, esquisser quelques petits pas de danse en solitaire, à la manière des très tranquilles trance parties d’antan à Kintamani ou autre. Un sentiment proche de la masturbation, mais qui, éventuellement, vous remémorera l’aride période de votre adolescence. Une cure de jouvence, en somme. D’ailleurs, en ces temps de trou noir et de misère nyctaloptique, le moment n’est-il pas venu de faire le vide en nous ?

Néant ne veut pas dire fainéant, alors travaillons sur nous-mêmes : méditation, yoga, tolérance, conférences, engagement associatif, amour universel… non, non, je plaisante ! En attendant le frétillement des fêtes de fin d’année et leur agitation champagnesque : feux d’artifice clinquants, klaxons idiots et bonnes résolutions inutiles, il faudra être malin. Car les occasions de se lâcher se feront rares. Cependant, il est toujours possible de tirer quelque chose du néant : se bourrer la gueule à l’apéro entre deux parties de pétanque au vide-grenier de Blooming Village, tester Franco’s Nubar, Jalan Drupadi, ou, plus sérieusement, refaire le monde entre amis autour d’un gigot d’agneau aux flageolets. Quand le sage montre la lune, l’imbécile regarde le doigt et reste dans sa chaumière, coincé devant Netflix. Le petit bison futé de la night, lui, va tout droit à la fullmoon party d’Arboon Beach Bar, à Berawa, dernier bastion à combattre abandon, apathie et nihilisme, chaque premier jeudi du mois.

Mais, comme souvent, le salut viendra par les femmes. Jungle en est la meilleure illustration. Son succès fulgurant aura été en grande partie dû à la présence, par chapelets entiers, de jolies pècheresses aryennes qu’un rien n’habille, de suaves slaves et de divines transalpines. Sainte-Marie, priez pour nous ! Dieu a fait ce qu’il pouvait de ses mains, mais le diable fait beaucoup mieux avec sa queue. Et quand le Christ ressuscita, il apparut d’abord à des femmes pour que la nouvelle se répande plus vite. Alors, Mesdemoiselles, Mesdames, à vous l’honneur de remontrer la voie de nos lieux nocturnes préférés et les troupeaux de bovins prévisibles que sont les hommes suivront. Ainsi, la reconstruction de cette night balinaise en ruines ne restera pas une chimère. Bonnes fêtes de fin d’année à tous. Et n’oubliez pas de lâcher prise afin que votre bonheur ne soit pas qu’une illusion !

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