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Un cyclone, quel cyclone ? - La Gazette de Bali – Information sur Bali et l’Indonésie
La Gazette de Bali - Dernière éditionJuillet 2014
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La Gazette de Bali est un journal mensuel de 40 pages, imprimé à Bali et distribué à travers toute l’Indonésie. Seul média francophone en Indonésie, la Gazette de Bali propose un contenu généraliste pour mieux décrypter les cultures indonésiennes et l’actualité de ce vaste pays, grand comme l’Europe. Quelques pages pratiques sur Bali sont plus spécifiquement dédiées aux touristes sur Bali, aux résidents et aux candidats à l’expatriation.

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Trois fameux guérisseurs de Bali au banc d’éssai

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On ne change pas un menu qui gagne : warung Mak Beng à Sanur

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Agenda culturel juillet 2014

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Ne jamais dire jamais au jamu

Un chef se met à table

Média et culture

par Eric Buvelot | Edition de décembre 2013

Un cyclone, quel cyclone ?

Un cyclone, quel cyclone ? - La Gazette de Bali

Pour une fois et contrairement aux habitudes de cette rubrique média, nous n’allons pas raconter ce que nous avons vu dans la presse indonésienne mais plutôt ce que nous n’avons pas vu. Le typhon Haiyan qui a ravagé les Philippines le deuxième weekend du mois dernier, craignant de faire plus de 10 000 morts, est passé quasiment inaperçu en Indonésie au moment des faits. Comment cela est-il possible ? Alors que l’attention des médias internationaux s’est tournée en toute logique sur ce cyclone parmi les plus dévastateurs jamais enregistrés, les médias de l’Archipel ont à peine relevé l’information lorsque celle-ci se déroulait. Les Philippines sont pourtant un pays voisin, archipélagique également et membre comme l’Indonésie de l’Asean. Alors, pourquoi un tel manque d’intérêt pour ce cataclysme annoncé ?

Officiellement, le gouvernement indonésien a fait son travail. « Le président est préoccupé par cette catastrophe naturelle qui a frappé les Philippines », a affirmé son porte-parole au journal Kompas dès le dimanche tout en rappelant que Jakarta allait offrir son aide. C’est d’ailleurs la quatrième fois que l’Indonésie envoie de l’aide à son voisin philippin à la suite d’une catastrophe naturelle. La quatrième fois seulement ? Eh oui, la première, c’était en 2011, donc très récemment… Des sommes allant de 400 000 à un million de dollars, comme le rappelle le quotidien Jakarta Globe. A titre de comparaison, l’aide de « première urgence » du seul Secours catholique français pour les victimes d’Haiyan aux Philippines s’est élevée à 200 000 euros. Les ONG françaises comme Action contre la faim, le Secours populaire ou la Croix rouge ont démarré leurs opérations et lancé des appels aux dons dès l’arrivée du typhon. Jakarta remettra finalement 2 millions de dollars d’aide le mercredi suivant et discutera dans la foulée avec la Thaïlande d’une proposition de plan d’aide d’urgence systématique entre les pays de l’Asean. Une idée qui a mis du temps à germer si l’on considère que l’organisation a été créée en 1967…

L’Indonésien moyen n’a donc pas été informé en direct des malheurs de son voisin. Comme si cela n’avait finalement guère d’importance. S’en soucie-t-il d’ailleurs ? Certains médias indonésiens ont même totalement zappé l’info. Imaginez un instant qu’un désastre naturel menace de faire 10 000 morts au Portugal et que Le Monde et Libération n’y consacrent que quelques entrefilets imprécis. Que TF1 et France 24 n’en fassent qu’un simple constat d’après dépêches d’agences. Impensable non ? C’est bien ce qui s’est produit le mois dernier en Indonésie. Pourtant, en 2011, lors du tremblement de terre au Japon, les chaînes télé avaient diffusé les images du tsunami jusqu’à satiété, à grand renfort de musique et de commentaires larmoyants. Ces images, produites à foison par le Japon lui-même, étaient disponibles quasi en direct et cette soudaine débauche d’info-spectacle venue de l’étranger sur le petit écran indonésien avait alors attiré notre attention (cf. La Gazette de Bali n°71 – avril 2011).

Lorsque Haiyan a frappé les Philippines, un hélicoptère de l’armée indonésienne s’est écrasé à Kalimantan avec à bord des ouvriers qu’on emmenait pour construire une caserne. Bilan : 13 morts et six blessés. Ce drame a été l’info numéro un du weekend. 13 morts ici, peut-être 10 000 chez le voisin, fut-il membre de l’Asean lui aussi, l’Indonésie a donc choisi de se préoccuper avant tout des siens. Un réflexe bien ordinaire ici où on entretient par principe une sorte de réserve envers tout ce qui est étranger, cet espace « hors du pays » (luar negeri) qui constitue une zone forcément antagoniste dont il est préférable de se méfier. De ce rapport névrosé avec l’ailleurs, l’Indonésien a donc construit une perception entre soupçon et ignorance. Journalistes et politiciens entretiennent tous les jours ce sentiment qu’on pourrait qualifier de xénophobe ailleurs et qu’on a tôt fait ici de transformer en vertu patriotique. Un Indonésien s’intéresse avant tout à son pays.

N’oublions pas non plus le rapport problématique que l’Archipel entretient avec les interventions étrangères en se remémorant les difficultés rencontrées par les ONG à Aceh en 2004, puis à Yogyakarta en 2006 (cf. La Gazette de Bali n°14 – juillet 2006). Des organisations humanitaires que les politiciens indonésiens accusaient d’espionnage ou de vouloir christianiser le pays. Certains députés n’ont-ils pas clamé haut et fort qu’Aceh n’avait pas besoin de cette aide étrangère puisque les médecins et les hôpitaux de campagne indonésiens étaient déjà sur place ? Afin de dissiper le malaise qui s’était instauré, le président SBY avait accordé une longue interview à Time et exprimé la gratitude de l’Indonésie envers la communauté internationale. Quelque temps auparavant, le vice-président Yusuf Kalla avait pourtant donné trois mois aux bénévoles du monde entier pour quitter le pays…

Le dimanche et le lundi qui ont suivi l’entrée du cyclone aux Philippines, pas un journal papier ou télé n’a mis cette info à la première place dans la hiérarchie des nouvelles. Outre l’hélicoptère de Kalimantan, les breaking news ont majoritairement relayé des faits sans grande importance par rapport à Haiyan, on citera le retour de citoyens indonésiens qui travaillaient illégalement en Arabie Saoudite ou la victoire de Marc Marques au championnat du monde de MotoGP. Bref la routine. Un direct par téléphone avec un correspondant à Manille a bien été tenté dans l’émission « Ruang Kita » (TVOne) mais la communication n’a pu être obtenue. Plus surprenant encore, TVRI, la chaîne d’état, a diffusé lundi après-midi une émission sur la gestion des catastrophes naturelles avec des spécialistes invités sur un plateau sans que personne ne dise un mot sur le typhon aux Philippines. On ose espérer que le programme était pré-enregistré…

Sur Bali TV, une des chaînes locales de Bali très axée info, qui se targue d’accorder une attention particulière aux news étrangères, on a montré lundi des images des dévastations avec un commentaire annonçant officiellement… 163 morts. Antara, l’agence de presse nationale, après avoir passé mollement des infos sur la catastrophe sur son site Internet depuis le samedi affirmait lundi dans sa rubrique Top News : « Le typhon Haiyan a déclenché une mer agitée et des pluies dans le nord de l’Indonésie. » Antara ou l’art de transformer ce désastre étranger en info « nationale »… Une initiative reprise le soir même sur la chaîne Metro TV avec un spécial « mauvais temps sur l’Archipel » à cause d’Haiyan. Bref, au final, les victimes philippines ont fait couler moins d’encre ce weekend que le maillot porté par Whulandary Herman, la candidate indonésienne de Miss Universe en Russie. Et il aura fallu attendre le mardi après le passage d’Haiyan pour voir enfin quelques images en télé.

Certes, Rome ne s’est pas faite en un jour. Et encore moins l’Asean. Après tout, l’Union européenne n’est encore qu’une initiative récente comparée aux siècles de guerres qui l’ont précédée. Les pays du Sud-est asiatique eux n’auront que l’indifférence à vaincre. Cela sera-t-il plus facile ? L’Indonésie, qui prend inéluctablement du poids économique ces dernières années, devra tôt ou tard avoir les comportements politique et citoyen adéquats. Au lendemain du typhon, l’émission « Economic Challenges » de Metro TV était justement consacrée à « l’avenir de l’Indonésie en tant que géant économique mondial. » Si tel est le cas, il ne se concrétisera pas sans un changement profond des mentalités, à la fois sur l’identité nationale et le rapport à l’étranger. Mais, loin de nous l’idée de donner une leçon de savoir-vivre. Pour preuve, nous relayons ce commentaire d’un lecteur trouvé sur le site de France Info, qui a bien sûr consacré sa Une à la catastrophe trois jours de suite : « C’est un évènement certes tragique et qui vaut bien des prières. Mais n’oublions pas qu’en Occident, beaucoup de ceux qui s’émeuvent de ce drame, ne sauront s’émouvoir de la mort de leur voisin de palier, car ils ne le connaissent même pas... Nous vivons dans un monde de plus en plus virtuel, où les émotions sont déconnectées des réalités locales, et où nous sommes de plus en plus étrangers à nous-mêmes... » Ce sera notre conclusion.

On a marché sur la tête

Le récent lancement d’une fusée vers la planète Mars par l’Inde fait des jaloux. Et le quatrième pays le plus peuplé de la planète Terre se verrait bien lui aussi de la partie dans cette nouvelle course qui se profile dans l’espace intersidéral. Quand l’Indonésie décollera-t-elle vers Mars ? Ce titre d’un article du quotidien Republika nous rappelle que l’Indonésie se pose aussi ces questions ambitieuses, notamment par l’intermédiaire de son Département national aéronautique et spatial (LAPAN). Des débats très sérieux viennent même d’avoir lieu sur le sujet à l’occasion du Festival des sciences de l’espace qui s’est tenu à Bandung fin octobre.

« Conformément au thème du festival, avec l’exploration de Mars, nous développons aussi nos connaissances au sujet de notre planète Terre. Comment créer l’environnement que nous souhaitons et comment l’être humain peut exploiter les ressources disponibles », a expliqué plus prosaïquement Clara Yono Yatini, qui est à la tête du Centre des sciences de l’espace, lui aussi situé dans cette ville pionnière de l’aéronautique indonésien. L’article rappelle que l’Inde vient d’envoyer une fusée qui doit se mettre en orbite autour de Mars et pose la question : à quand le tour de l’Indonésie ?

Pas de réponse claire des responsables scientifiques de l’Archipel dans le radar pour le moment. Republika se demande d’ailleurs en substance s’il est nécessaire que l’Indonésie aille sur Mars… Mais la présentation d’ouverture des débats par Gunawan Edmiranto pendant le festival était claire sur l’urgence de se pencher sur cette éventualité. Penser à coloniser Mars est nécessaire car « on doit se tenir prêt à la possibilité d’une collision avec un astéroïde à tout moment, on doit penser à diminuer la densité de population sur la Terre, mais aussi on doit développer des technologies nouvelles », a affirmé ce responsable de LAPAN à la tribune.

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