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Quand les indonésiens mangent : croyances et statut social - La Gazette de Bali – Information sur Bali et l’Indonésie
La Gazette de Bali - Dernière éditionOctobre 2014
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La Gazette de Bali est un journal mensuel de 40 pages, imprimé à Bali et distribué à travers toute l’Indonésie. Seul média francophone en Indonésie, la Gazette de Bali propose un contenu généraliste pour mieux décrypter les cultures indonésiennes et l’actualité de ce vaste pays, grand comme l’Europe. Quelques pages pratiques sur Bali sont plus spécifiquement dédiées aux touristes, aux résidents et aux candidats à l’expatriation.

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Quand les indonésiens mangent : croyances et statut social

Quand les indonésiens mangent : croyances et statut social - La Gazette de Bali

Le Master Chef Indonesia est une émission diffusée sur RCTI (l’une des chaînes privées du pays) qui cherche sous la forme d’un jeu de téléréalité le prochain « top chef », c’est-à-dire celui qui maîtrisera aussi bien des connaissances dans les cuisines du monde que dans la cuisine indonésienne. Trop salé, trop sucré, trop amer ou trop fade, les candidats doivent être prêts à quitter ce jeux par élimination, épisode après épisode. Dans la première manche, les trois membres du jury leur ont demandé de cuisiner leur plat emblématique, ou « signature dish », en référence à un restaurant ou un chef connu.

Dans un épisode, Tya, balinaise et hindoue, devait cuisiner un plat à base de viande de bœuf. Mais, les hindous ne sont pas censés manger du bœuf car pour eux, la vache est sacrée. Historiquement, elle était déjà vénérée en Inde il y a 3500 ans par les Aryens qui étaient, à l’origine, des pasteurs. Une autre raison met en avant que, d’après la philosophie hindoue, le corps humain est également fait de viande. C’est-à-dire que s’ils en mangent, ils mangent aussi les humains.

Ces exemples montrent que manger n’est pas qu’une question de nutrition relative à la santé (des calories, des vitamines, des glucides, etc.). Et puis, la question de l’esthétique (la manière de présenter les plats), comme le besoin d’un moment de loisir réussi, entrent aussi en compte. Selon Gilles Pronovost, dans son livre « Loisir et société, traité de sociologie empirique », manger est identifié aux activités pratiquées pendant le temps libre (dans la perspective américaine, il est alors question de recreation).

Au-delà de ces trois éléments précités, il convient donc de réfléchir également aux questions des croyances, c’est-à-dire des tabous à consommer certains produits pendant les repas dans certaines sociétés. Les Indonésiens, comment voient-ils leurs repas ? Une question bien évidemment sociologique et anthropologique.

Les tabous et les usages alimentaires des Indonésiens Le repas, c’est aussi la culture. Pour les Indonésiens, comme pour d’autres populations, il n’est pas seulement lié au fait de manger, au goût, au plaisir, à la production, à la distribution ou à la consommation, mais aussi au tabou car certains ingrédients ne peuvent pas être consommés par la communauté, à cause de certaines croyances.

Je suis javanais, donc je vais prendre l’exemple suivant : comment la société javanaise voit un plat avec la notion d’interdit ? On sait qu’ici, le poulet fait partie des types de viande qu’on peut cuisiner. Et bien sûr, il est délicieux. Lors des préparations de l’anniversaire de mon ami, l’une de mes amies indonésiennes (heureusement, elle aussi javanaise), n’a pas touché du tout à l’aile de poulet (sayap ayam). Pour elle, il est tabou de la manger car selon le mythe, si une vierge en mange, elle ne se mariera jamais. C’est assez ridicule, mais c’est le fait social. L’autre mythe est qu’il est interdit de manger le croupion du poulet (brutu). L’histoire raconte là que, si on en mange, on va vite oublier quelque chose.

Ces croyances, d’où viennent-elles ? A mes yeux, tout d’abord, il faut dire qu’elles sont transmises par les plus anciens, les personnes âgées. Mais honnêtement, je ne comprends pas bien pourquoi ces mythes ont encore la vie dure aujourd’hui et comment ils peuvent se reproduire. La seule chose qui pourrait être une raison, probablement, est la question de la santé. Dans les temps anciens, les moyens de lutter contre les maladies étaient minimes et il valait mieux donc s’abstenir d’être malade. En conséquence, les personnes âgées transmettaient des conseils de plats ou produits à éviter pour telle et telle raison afin d’éviter les maladies. Peu à peu, alors, ces restrictions de bon sens sont devenues des tabous, des croyances.

Il y a aussi les éléments liés au statut social. Je citerai l’assertion suivante : « Je mange donc je suis satisfait ». Pourquoi et comment va-t-on mesurer l’accomplissement social à travers le repas ? Je ne généralise pas mais je dirais quand même que dans une fête de mariage, les Indonésiens ne sont pas là seulement pour féliciter les mariés, mais aussi pour goûter aux plats. Basé sur le goût, la propreté et la présentation, il est assez commun de dire qu’ils vont se forger un avis, ont-il aimé ou pas cette fête ? Mais le plus drôle, voire le plus bizarre, c’est qu’ils pensent souvent que les repas sont délicieux uniquement sur la présentation des mets alors qu’ils ne sont pas nécessairement bons au palais.

Et le pire, c’est lorsque tous les plats sont terminés alors que la fête ne l’est pas encore. L’organisateur, celui qui invite, passera pour incapable à satisfaire tout le monde, il n’aura pas su gérer l’événement social. Cela prouve bien de façon indéniable que lors d’une fête, les mets offerts aux invités sont généralement un moyen d’évaluation du statut social de celui qui invite. Ce n’est pas seulement limité aux cérémonies de mariage bien sûr, mais aussi aux anniversaires, aux crémaillères, etc. Bref, à n’importe quel événement de la vie sociale.

On pourra dire qu’il est regrettable qu’une fête n’ait pu être évaluée que sur les repas et la capacité qu’ils ont eus à satisfaire des invités avides de critiques. Des invités dont on pourra dire qu’ils ont oublié le but ultime de leur présence à cet événement, celui de féliciter la mariée et le marié en rencontrant amis, familles et collègues. Bref, comment doit on interpréter un repas ? Tout dépend de chacun. Pour les Indonésiens en général, cette interprétation se fera à l’aide de mythes et croyances qui n’ont parfois pas beaucoup de logique. En conclusion, lorsqu’on goûte un repas, bornons-nous à penser à ces trois éléments qui sont toujours liés les uns les autres : la santé, le goût et la représentation.

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