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Présidentielle : discrète querelle inter-religieuse au sein de (...) - La Gazette de Bali – Information sur Bali et l’Indonésie
La Gazette de Bali - Dernière éditionSeptembre 2014
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La Gazette de Bali est un journal mensuel de 40 pages, imprimé à Bali et distribué à travers toute l’Indonésie. Seul média francophone en Indonésie, la Gazette de Bali propose un contenu généraliste pour mieux décrypter les cultures indonésiennes et l’actualité de ce vaste pays, grand comme l’Europe. Quelques pages pratiques sur Bali sont plus spécifiquement dédiées aux touristes sur Bali, aux résidents et aux candidats à l’expatriation.

Bali, la fabrique de mariages de rêve

Quand le gouvernement indonésien fait preuve d’une rare efficacité

Jilboobs kommunitas : musulmanes et sexy

Réhabilitation du corail ou comment inverser la tendance ?

Le premier voyage de Pierre Poivre en Asie passe par Batavia

Le business florissant des barbiers à Bali

Réouverture du café Korma

A vos marques pour le BII Maybank Bali marathon !

Golf : à 13 ans, Meva Schmit atteint la 16ème place aux championnats de France

Deuxième édition de l’ultra-trail du Rinjani

Le naufrage d’Yvan Bourgnon au Sri Lanka, épisode tragique mais pas fatal/final ?

Agenda culturel septembre 2014

Le peintre devenu grenouille

Audrey Petrelluzzi : à Bali, quelque chose m’attirait

Mon Bali, par Claude Jouvaud

En avant la musique !

Selma, la top chef d’Arabie Saoudite aux commandes du Jenja

Warung Kolega, une oasis javanaise en plein Petitenget

Naomi Mcdougall : danser sous les projecteurs de Bali

Média et culture

par Eric Buvelot | Edition de août 2014

Présidentielle : discrète querelle inter-religieuse au sein de l’élite

Présidentielle : discrète querelle inter-religieuse au sein de l’élite - La Gazette de Bali

L’Indonésie, diverse mais unifiée par les principes de la Pancasila qui sont au cœur de sa constitution, ne craint jamais rien plus que la possibilité de conflits entre groupes éthniques ou religieux. Ces conflits sont quelquefois nommés par le vocable « SARA » (Suku, Agama, Ras, Antargolongan) qu’on traduit par éthniques, religieux, raciaux, intercommunautaires. On évite donc par principe d’en parler de façon trop définie afin de ne pas envenimer la situation quand un problème de cette nature surgit. Par exemple, les violences entre musulmans et chrétiens aux Moluques au début des années 2000 étaient rarement identifiées comme telles par les politiciens et les journalistes et, même si personne n’est dupe, on évite donc par principe de décrire explicitement la nature du conflit. Même le mot SARA n’est pas facilement employé par les médias, tant il stigmatise la hantise de ces antagonismes et présuppose qu’on entre sur un terrain qui a le potentiel de désintégrer la nation.

L’islam sunnite d’Indonésie a cependant une place à part dans ce discours public et n’oublie jamais de déroger à cette règle communément admise par vertu de sa position majoritaire. L’islam de 90% de la population a donc force de valeur absolue et ne manque pas, au nom de ces principes, de pousser les autres croyances dans les recoins de la vie publique, quelquefois avec violence, verbale ou physique, comme on l’a vu à l’encontre des Ahmadistes, des chiites, des chrétiens ou des athées pendant les deux termes du président SBY. Sans parler du terrorisme made in Indonesia, qui a surtout sévi pendant les années 2000 et dont personne ne savait comment en parler au début. Rappelons pour mémoire cette affirmation du vice-président Hamzah Haz au lendemain du premier attentat islamiste à Bali : « Il est impossible que ce soit un musulman qui ait fait ça  ». Entre déni des faits et certitude d’être dans son bon droit, difficile pour la forme d’islam majoritaire en Indonésie de s’ouvrir à la critique et d’accepter les remises en question.

Une récente dispute épistolaire au sujet des candidats à la présidentielle entre le prêtre catholique Frans Magnis Suseno et l’écrivain et universitaire musulman Ihshan Gumilar illustre parfaitement cet état d’esprit et les contours qui le définissent. Frans Magnis Suseno est un jésuite indonésien d’origine allemande établi en Indonésie depuis 1961. Naturalisé dans les années soixante-dix, il est connu ici pour son travail sur le marxisme et aussi pour des ouvrages sur la culture javanaise comme l’excellent « Javanase Ethics and World View » dont nous avons déjà recommandé la lecture tant il permet de mieux comprendre l’Indonésie et les Indonésiens (cf. La Gazette de Bali n°87 – août 2012). Autorité intellectuelle et religieuse, Frans Magnis Suseno a également été récompensé pour ses multiples efforts d’instauration d’un dialogue inter-confessionnel dans l’Archipel.

Il a récemment manifesté son inquiétude à l’égard du ralliement au candidat Prabowo de quasiment tout ce que compte le pays de mouvements musulmans conservateurs et radicaux. Des partis classiques et bien en place comme le PKS ou le PPP à des franges plus menaçantes comme le FPI. Dans cette lettre qu’il a rendue publique et qu’il commence en expliquant pourquoi il ne votera pas Prabowo, Frans Magnis Suseno s’étonne que l’« environnement » du camp Prabowo soit composé d’« un tas de partisans de l’islam radical ». Et il pose la question suivante : « Ce qu’ils ont essayé d’instaurer jusqu’à maintenant, sans avoir réussi, ne vont-ils pas espérer pouvoir le réaliser maintenant, si Prabowo devient président ? » Et de rappeler les propos d’Amin Rais, figure du parti musulman PAN, soutien de Prabowo, qui a défini « explicitement  » la course présidentielle entre Jokowi et Prabowo comme une « guerre des musulmans contre leurs ennemis  », ce qui revient au même que la « guerre sainte du prophète Mohammed contre les infidèles à la Mecque », poursuit-il.

«  L a langue d’Amin Rais n’a pas fourché. Voilà réellement comment ils voient les élections présidentielles  », continue le vieux père jésuite. « Ils voient Prabowo comme le général d’une guerre contre les infidèles. Je ne sais pas s’il les encourage ou pas dans ce sens, mais on a bien entendu ça et là qu’il y a des mosquées qui ont affirmé qu’il était haram de voter Jokowi  », ajoute-t-il dans sa lettre. Et de s’inquiéter du moment où il faudra que le président Prabowo rembourse sa dette aux organisations radicales qui l’ont soutenu s’il est élu. « N’est-il pas déjà l’otage de ces groupes de l’islam extrémiste ?  », poursuit-il. Et de conclure : « Je suis clairement effrayé de voir notre pays possiblement dominé par quelqu’un qui semble si volontairement se rendre à tous ces groupes extrémistes qui se font de plus en plus menaçants. »

Pour information, la lettre ouverte contient également des passages sur le passé militaire discutable du candidat Prabowo et sur un texte de la charte de son parti Gerindra qui semble peu tolérant envers le pluralisme religieux. Ces déclarations du leader catholique feraient partie du simple débat d’idées dans n’importe quelle autre démocratie, en Indonésie, elles ont mis mal à l’aise. D’ailleurs, identifiées « SARA », très peu de journaux les ont reprises, à l’exception de certains d’obédience religieuse, chrétienne ou musulmane, comme le quotidien musulman Republika. Après s’en être offusquée, la rédaction a publié la réaction de l’universitaire Ihshan Gumilar qui pose la question suivante après les formalités d’usage : « Que sont la vérité, l’inquiétude et la peur ? »

Il poursuit en rappelant le droit de Frans Magnis Suseno de choisir pour qui il vote : « C’est sûr que cela fait partie de vos droits les plus élémentaires et je n’en fais absolument pas un problème. Car après qu’il vous ait été reconnu la nationalité indonésienne (à l’origine, vous êtes un citoyen allemand), vous avez donc un droit politique également, comme nous autres les Indonésiens de souche. » Il se défend ensuite de répondre pour défendre le nom de Prabowo ou celui de son parti et affirme qu’il se positionne simplement en tant que musulman et continue ainsi : «  Saudara Magnis, dans l’islam, il n’y a pas de ligne radicale ou de ligne libérale. L’islam n’a jamais enseigné le cloisonnement : qui est fanatique, qui est fondamentaliste, qui est agressif ? Ce qu’il y a, c’est seulement un islam : à savoir que nous autres croyons seulement en notre dieu et qu’il n’y en a qu’un. »

Puis il constate : « Vos questionnements ont déjà blessé beaucoup de gens, surtout le cœur des musulmans qui sont la majorité dans ce pays. […] Si vous ne pouvez pas admettre la présence de différences dans l’islam - selon votre point de vue, ce sont les extrémistes qui vous inquiètent - donc je considère que vous êtes blessé vous aussi. Je dirais même que vous êtes plus que blessé car votre lettre déclenche un conflit horizontal extraordinaire : entre les musulmans et aussi entre les religions (islam et christianisme).  » Ihshan Gumilar, qui a étudié la psychologie au Canada, ajoute encore : « Puis, si vous avez peur des différents mouvements dans l’islam - ceux que vous désignez comme extrémistes - il faudrait mieux que vous repreniez le contrôle de vous-même. Ce n’est pas la présence de l’islam qui sème la terreur, mais vos pensées qui apportent la terreur en vous-même. » Le prête d’origine allemande serait donc pris de paranoïa ? Le psychologue musulman répond : « Savez-vous Saudara Magnis que cette peur vient de l’intérieur de vous-même. Peut-être êtes-vous vous-même rattrapé par l’islamophobie (peur extraordinaire envers l’islam sans raison réelle et rationnelle) qui a pour conséquence que vous soyez pris en otage de vos propres pensées ?  » Ihshan Gumilar poursuit en questionnant la capacité de Jokowi à résoudre des conflits de ce type, rappelant que la présidence de Megawati en avait été parsemée. «  Y a-t-il une garantie ? En envoyant l’armée  ? », demande-t-il sous-entendant qu’il est préférable d’éviter avant tout les provocations à l’origine de ces conflits. « J’espère que cette lettre éclaircira vos pensées. Magnis, n’ayez pas peur de l’islam car il n’est pas une menace, ayez plutôt peur de votre incompréhension de l’islam. C’est cette incompréhension qui va donner naissance aux conflits et vous blesser à l’intérieur, comme une bombe à retardement qui va exploser dans une poche de vos vêtements  », conclut-il.

Cette dispute entre gens éduqués appartenant à l’élite du pays prouve à quel point il est difficile de gérer le pluralisme religieux quand la religion la plus répandue pèse dix fois plus lourd que toutes les autres réunies dans la balance de l’opinion publique. Une opinion publique contre laquelle il est quasiment impossible d’aller et qu’il faut savoir accompagner dans tous ses débordements pour éventuellement mieux la canaliser. A condition encore que le pouvoir politique soit bien intentionné, ce qui est aussi questionnable parfois. De cette situation impossible à gérer dans une démocratie, qui par ailleurs accorde trop de place à la religion, les deux termes du président SBY ont montré les limites avec un accroissement extraordinaire des atteintes à la liberté de culte. On note que le recul de l’Indonésie dans ce domaine s’est produit au cours d’une période qui a vu la montée en puissance de l’islam en politique et on ne peut que déplorer que les principes au demeurant louables de la constitution et de la loi du pays ne servent plus aujourd’hui qu’à ignorer ou museler les victimes sans cesse plus nombreuses de ce nouveau totalitarisme.

Touche pas à mon prophète

Autre affaire à avoir exacerbé certaines sensibilités en plein mois du jeûne, celle du dessin de presse du Jakarta Post représentant des membres de l’ISIS, dont un des combattants brandit un drapeau de pirates agrémenté d’une phrase « sacrée » du coran. Sur le crâne sont écrits, également en arabe, les mots « Allah » et « Mahomet ». En deuxième plan, des prisonniers agenouillés et les mains liées dans le dos semblent sur le point d’être exécutés par un des autres combattants du groupe qui pointe son arme sur eux. Le tollé a été général au sein des organisations musulmanes qui ont exigé au minimum des excuses et au maximum une condamnation en justice du quotidien anglophone pour ce « blasphème ».

L’attaque du journal était bien évidemment dirigée contre les combattants de l’Etat islamique d’Irak et du Levant et on aurait pu penser qu’ainsi il dénonçait la forme extrême de l’islam soutenue par ces fanatiques, une forme de religion bien éloignée de celle des Indonésiens, plutôt tolérants dans leur ensemble. Eh bien non… Pourquoi ? Ihshan Gumilar n’en donne-t-il pas les raisons dans sa lettre à Franz Magnis Suseno ? Le recoupement est tentant : il n’y a qu’un islam. Inutile d’étaler les arguments des leaders musulmans offensés, ils n’ont qu’une teneur, seule la notion de blasphème a été retenue. Inutile d’argumenter que l’affront religieux est plutôt du fait de l’ISIS à cause de leurs exactions et qu’ainsi le Jakarta Post entendait condamner leur barbarie. Seule une personnalité, Abdul Muhti, secrétaire de la Muhammadiyah, une des deux plus grosses organisations musulmanes du pays, réputée pour sa modération, a émis une réaction en ce sens. Il a réfuté la nécessité d’une action en justice et a appelé les musulmans « à ne pas se sentir provoqués. Ce dessin du Jakarta Post avait pour but de critiquer l’ISIS en Irak et en Syrie. » En attendant, le journal a présenté de plates excuses.

Lingerie sexy en ligne avec Lolalola

En plein ramadan, alors que le pays tout entier pleure les victimes de l’« agression sioniste » à Gaza et que tout un chacun doit se refreiner d’émettre un quelconque désir, y compris sexuel, c’est avec une certaine surprise que nous avons découvert sur le site du très honorable journal Kompas, l’un des plus réputés du pays, cette pub pour de la lingerie sexy entre des images de bombardement à Gaza. Nous en aurions été tout aussi étonnés si nous l’avions trouvée le reste de l’année tant la censure exercée en vertu de la loi anti-pornographie s’est intensifiée ces derniers mois sur Internet. Mais en pleine période de jeûne… Nous avons donc cliqué sur la pub et découvert un catalogue indonésien de vente en ligne de sous-vêtements coquins, ni lingerie fine, ni sex-shop, mais très sexy et à petits prix indonésiens, illustré par le joli mannequin qui apparaissait sur la pub du site Kompas. Au hasard de notre navigation, nous avons même découvert un ensemble nuisette vendue avec un loup et des menottes en velours pour jeux BDSM. Renseignement pris, ce modèle est déjà épuisé…

Un pays, un peuple, un café

Pendant ce temps, le café nazi de Bandung a rouvert ses portes tranquillement après quelques mois de fermeture, comme le rappelle le site de France Info. Mais, comme se tut à répéter son propriétaire depuis que son établissement à thème nazi a attiré l’ire internationale, le Soldatenkaffee « ne rend pas hommage aux nazis. Il est juste dédié à la Seconde Guerre mondiale. » C’est quand même une citation d’Adolph Hitler qui vous accueille à l’entrée mais Henry Mulyana n’en démord pas : « Mon but n’est pas de montrer les nazis ! Ce café n’est pas un café nazi, c’est un café militaire. Soldaten, c’est un soldat, pas un nazi. […]. Je ne connais pas l’Histoire, je suis un collectionneur. Mon but est purement économique. » Alors, si c’est du commerce… Question : est-ce que le chanteur Ahmad Dhani qui est apparu dans sa vidéo de soutien au candidat Prabowo en uniforme SS est un client régulier ?

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