La Gazette de Bali - Dernière éditionAvril 2014
Loading
Edition

Veuillez patientez pendant le chargement de la page. Merci.

TourismeEnvironnementartPolitiqueReligionEvenementcuisineSportEconomieSante

La Gazette de Bali est un journal mensuel de 40 pages, imprimé à Bali et distribué à travers toute l’Indonésie. Seul média francophone en Indonésie, la Gazette de Bali propose un contenu généraliste pour mieux décrypter les cultures indonésiennes et l’actualité de ce vaste pays, grand comme l’Europe. Quelques pages pratiques sur Bali sont plus spécifiquement dédiées aux touristes sur Bali, aux résidents et aux candidats à l’expatriation.

Drogues, vers la fin du tout répressif ?

Présidentielle 2014 : l’éclaircie démocratique Jokowi

Tripadvisor, pas si avisé que ça !

Raid moto à Kalimantan : voir Bornéo sans détour

Grand chasseur blanc : un roman à Bali qui partage la rédaction

Sans doute le dernier grand livre sur la culture de Bali

L’armée d’Hanuman, une bande de pillards en maraude

So Organic : les jeunes pousses d’un business bio et éthique

Agenda culturel avril 2014

Une collection inestimable volée puis restituée par les Anglais

Maximilien Sporschill : citoyen du monde, Balinais d’adoption

Dapoer Buleleng : vamos à la Blayag

Lady Marmelade : voulez-vous buller avec moi, ce soir ?

Voyagez, souriez, partagez avec BackPackSwag !

CROSS-T au 3V : une pratique complète pour tous, surtout ceux qui aiment suer !

Histoire d’éclairer vos lanternes... à la bougie

Mon Bali, par Renée Cregut

Difficile de trouver un homme qui se mette à la danse du ventre

Média et culture

par Eric Buvelot | Edition de janvier 2013

Le bupati qui voulait s’offrir une épouse jeune et vierge

Le bupati qui voulait s’offrir une épouse jeune et vierge - La Gazette de Bali

« Après l’avoir a c h e t é e , j e suis rendu compte qu’elle n’était pas comme on me l’avait promise, alors je l’ai rapportée », a déclaré le bupati de Garut au journaliste de Detik.com qui lui tendait son magnéto. Mais de quoi parle cet élu de Java-Ouest ? De sa dernière Toyota toutes options ? De sa nouvelle résidence luxueuse dans un perumahan elit ? Non, Aceng Fikri parle de sa deuxième épouse de 17 ans de qui il a divorcé après seulement quatre jours. Retour sur ce fait divers qui a scandalisé l’Archipel le mois dernier, après avoir été rendu public avec quelques mois de retard.

Ce responsable politique du Golkar de 40 ans a pris comme deuxième épouse Fani Oktora en juillet dernier. Mais après quatre jours de mariage, il lui a signifié par sms qu’il divorçait sous prétexte qu’elle n’était pas vierge lors de leur nuit de noce comme il aurait fallu. Rappelons qu’en raison d’un certain rituel musulman couramment pratiqué ici, le divorce est effectif lorsque le mari dit à son épouse qu’il… divorce. Il ne reste donc plus à l’imam qu’à entériner cet état de fait sur la bonne foi du mari. Aceng Fikri a-t-il fait preuve de trop de modernité en signifiant la rupture par texto ? De nombreux Indonésiens se sont en tout cas indignés de son attitude lorsque l’affaire a été révélée à la presse après une plainte de la famille de la jeune divorcée. Le bureau de l’élu a ensuite été assiégé par des manifestants plusieurs jours de suite. Des démonstrations d’unité pour le moins surprenantes puisque réunissant des groupes de la société généralement opposés comme les étudiants musulmans – il est vrai des jeunes femmes pour la plupart – et les activistes des Droits de l’Homme, ainsi que de nombreux groupes universitaires. Le Golkar s’est contenté d’affirmer qu’il s’agissait d’une affaire privée et s’est gardé d’intervenir. Dans un premier temps, sans doute sûr de son bon droit et conforté par l’impassibilité de son parti et de l’establishment en général, Aceng Fikri s’est donc répandu dans les grandes largeurs sur l’affaire devant les journalistes, provoquant une colère de plus en plus amplifiée de la société civile. Et de confier aux journalistes que sa jeune deuxième épouse n’avait pas saigné lors de la consommation du mariage… « La première nuit, j’ai bien senti qu’elle n’était pas vierge parce qu’il y a pas eu de sang. Je voulais épouser une femme qui était belle dedans comme dehors », a-t-il déclaré dans Detik.com. Il s’est ensuite plaint à un autre journaliste de n’avoir couché avec elle qu’une fois alors qu’il avait dépensé 250 millions de roupies pour les noces. « Même coucher avec une artis ne coûtent pas autant », s’est-il lamenté. S’offrir une artis, comprendre une starlette, chanteuse, actrice de soap opera serait courant en Indonésie, en tout cas selon la croyance populaire.

Cette pratique supposée n’est pas nouvelle et perdurerait encore aujourd’hui malgré l’évolution du pays. Rappelons qu’elle eut cours chez nous aussi – ne disait-on pas qu’une danseuse est forcément une femme légère et entretenue. La comparaison d’Aceng Fikri est la suivante : quand on est riche et puissant, si on veut, on peut coucher avec des célébrités. Et ça ne coûte pas 250 millions comme avec cette petite Fani qui n’était même pas vierge…

R ap p e l o n s é g a l e m e n t , afin de donner un éclairage complet sur les mentalités en cours dans cette affaire aux contours typiquement indonésiens, c e t t e prostitution « halal » qui a lieu à Bogor, P u n c a k e t Cianjur (cf. La Gaze t t e de Bali n°64 – Septembre 2010), là aussi à Java-Ouest, et qui permet à des touristes sexuels en provenance du Proche- Orient de se marier et de divorcer en quelques jours afin de bénéficier de relations sexuelles à la tarification déguisée en coût d’épousailles. Ce mariage « short time » qui laisse le croyant en paix avec sa conscience se fait par le biais d’un ijab kabul, une sorte de promesse (de vente) entre les deux parties, et fait le bonheur financier de certaines jeunes filles et de leur famille dans cette région, ainsi bien sûr que celui des imams complices qui unissent et séparent ces tourtereaux express. Outre les dossiers de polygamie, qui scandalisent l’opinion publique à intervalles réguliers, ceux des mariages religieux non officialisés (nikah siri), dont certains commencent à demander la mise hors-la- loi, cette affaire porte également à l’attention du public et sous une lumière plutôt négative le mariage à un âge adolescent ainsi que le mariage motivé par des raisons financières, preuve indiscutable que la société indonésienne évolue. La jeune épousée et rapidement divorcée a en effet affirmé à la presse qu’elle avait accepté de devenir deuxième épouse du bupati après qu’il lui ait promis de payer son collège et de l’amener en pèlerinage à la Mecque. Depuis, avec l’aide de sa famille, elle a déposé une plainte pour abus psychologique, selon le magazine Tempo.

Comme toujours ici , où l’inertie politique est souvent à contretemps des vraies aspirations des Indonésiens, les officiels de tout poil ont quand même fini par réagir, jusqu’au président SBY qui aurait discuté de l’affaire avec le gouverneur de Java-Ouest Ahmad Heryawan. Le ministre des Affaires intérieures Gamawan Fauzi, dont dépend le bupati volage, a affirmé : « Le chef de district a un poste public. Il doit surveiller son comportement. » Aceng Fikri a cependant persisté malgré tout, se demandant publiquement pourquoi cette affaire faisait autant de bruit. « Je considère ceci comme une affaire de famille », a-t-il expliqué en notant qu’il avait aussi « donné quelque argent » à Fani après leur divorce. Malheureusement pour lui, Majalah Detik a sorti un reportage affirmant qu’il était coutumier de ces mariages éclairs. Les journalistes de ce news mag ont en effet interviewé Neneng, une jeune femme, mère d’un enfant, qui affirme avoir été marié à l’indélicat élu. Pire même, Aceng Fikri aurait déjà eu jusqu’à huit épouses « siri ».

JPEG - 13.5 ko

Et comme un malheur n’arrive jamais seul, le bupati de Garut fait également face depuis peu à une accusation de tentative d’extorsion de la part d’un résident de sa ville à qui il aurait demandé la coquette somme d’1,65 milliard de roupies pour un poste important dans son administration. A la fin, Aceng Fikri a quand même fini par présenter ses excuses à Fani et sa famille. Une bonne chose selon les coutumes en vigueur en Indonésie musulmane. « Oui, quand on se marie, faut qu’on s’entende n’est-ce pas ? Un même coeur, un même sentiment pour l’éternité. Mais quand on ne s’entend pas, c’est le destin et ce n’est pas du ressort des humains. Nous devons être conscients de cela. Quatre jours, un jour, cela n’est pas une justification pour ce que j’ai fait », a-t-il fini par déclarer en forme d’excuses certes tardives et un peu embrouillées. Ses ennuis seront-ils finis pour autant ? Sans doute pas, d’autant que sa méconduite est aujourd’hui devenue une affaire nationale que les députés eux-mêmes évaluent ai sein d’un comité spécial. Une affaire à suivre donc et à l’heure où nous mettons sous presse, il n’avait encore ni démissionné, ni été démissionné.

Réagir à cet article


modération à priori

Votre message sera affiché après validation par un modérateur.

Un message, un commentaire ?
Qui êtes-vous ?

2010 © La gazette de Bali - Marque déposée de PT. BALI COCORICCO
Bureau de la rédaction : Jl Raya Kerobokan 19, Kerobokan Kelod, Kuta Utara, Badung 80361. Tél. 0361 733 574 (9h00 - 17h00) courriel : info@lagazettedebali.info
SIUP: 649/22-08/PM/IX/2005 - NPWP. 02.278.558.8/901.000
Site Internet développé par Bali Reference