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La relation difficile de l’Indonésie avec les JO - La Gazette de Bali – Information sur Bali et l’Indonésie
La Gazette de Bali - Dernière éditionSeptembre 2014
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La Gazette de Bali est un journal mensuel de 40 pages, imprimé à Bali et distribué à travers toute l’Indonésie. Seul média francophone en Indonésie, la Gazette de Bali propose un contenu généraliste pour mieux décrypter les cultures indonésiennes et l’actualité de ce vaste pays, grand comme l’Europe. Quelques pages pratiques sur Bali sont plus spécifiquement dédiées aux touristes sur Bali, aux résidents et aux candidats à l’expatriation.

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La relation difficile de l’Indonésie avec les JO

La relation difficile de l’Indonésie avec les JO - La Gazette de Bali

Si la glorieuse incertitude du sport avait pu cette fois être plus glorieuse et moins incertaine, l’Indonésie n’aurait pas manqué ce qui s’annonçait comme son premier rendez-vous réussi avec les Jeux olympiques. En effet, un signe ne trompait pas : pour la première fois dans l’histoire du pays, les jeux du PON (Pesta Olahraga Nasional ou Fête nationale du sport) ont été déplacés en septembre et donc ne se superposaient pas aux JO. Eh oui, exception mise à part des jeux de Pékin en 2008 (cf. La Gazette de Bali n°39 – août 2008) qui, pour des raisons de superstition chinoise avaient été reculés en août, les PON de l’Indonésie se déroulent traditionnellement en juillet, en même temps que les olympiades. Créés en 1948, alors que l’indépendance du pays n’était pas encore reconnue par les Nations Unis, et imparablement teintés de l’esprit frondeur qui a caractérisé les premières années de la République et dont l’héritage subsiste encore aujourd’hui dans l’identité nationale, ces PON ont donc toujours célébré le sport indonésien en Indonésie et entre Indonésiens, comme un pied de nez au reste du monde.

Les PON reprennent d’ailleurs trois anneaux olympiques dans leur logo et quelques principes de Pierre de Coubertin. Les disciplines pratiquées, qui se montent à près d’une cinquantaine pour 750 épreuves environ et qui affichent des compétitions aussi inattendues que le bridge, le bowling ou les courses à mobylette rassemblent plus de 10 000 athlètes des 33 provinces. Des provinces qui les organisent à tour de rôle en fonction des décisions d’un comité, comme les vrais JO, à coups de centaines de millions de dollars de budget. Et comme aux JO, les vrais, on y décerne des médailles d’or, d’argent et de bronze et on y tient scrupuleusement le compte des médailles par province tous les jours dans les journaux télé. Il en allait ainsi depuis toujours, au moment où le monde entier ne vibrait que pour les exploits de ses champions sur les stades de l’Olympe, eh bien, en Indonésie, on ne s’intéressait quasiment qu’aux épreuves du PON…

Cela commençait pourtant à changer un peu. A cela, deux facteurs, le premier, évidemment les exploits des joueurs de badminton indonésiens qui, depuis que la discipline est devenue olympique en 1992, ont pris l’habitude de truster les médailles dans la foulée de Susi Susanti et d’Alan Budikusuma. Le deuxième, la reformasi, depuis la chute de Suharto, le pays revient au monde et donc se trouve obligé d’assurer sa présence dans les grands événements internationaux, qu’ils soient politiques, artistiques ou sportifs. N’allons pas croire pour autant que les télés du pays se disputent les droits de retransmission. En 2008, il s’en est fallu de peu qu’il n’y ait pas de couverture du tout. Heureusement, la chaine publique TVRI avait décidé à la dernière minute de diffuser une programmation minimale des JO de Pékin. Et cette fois, c’est encore TVRI qui a sauvé les meubles avec un package réduit. Attention, en aucun cas, il ne s’agit d’une vraie programmation de l’événement car les médias s’intéressent surtout, pour ne pas dire uniquement, aux compétitions où les rouges et blancs ont des chances de briller. Pas question de s’émerveiller devant les exploits du Jamaïcain Usain Bolt ou de l’Américain Michael Phelps !

D’ailleurs, si les Indonésiens ne connaissement pas les grands sportifs mondiaux, ils connaissent à peine les leurs. Un simple micro-trottoir suffit à le vérifier. Comment pourraient-ils les connaître puisque les médias s’intéressent plus aux PON qu’aux JO ? Essayez donc de mentionner autour de vous les noms de Liliyana Natsir ou encore Eko Yuli Irawan. Qui sont-ils ? Que font-ils ? Quinze ans en arrière, l’existence des JO étaient même quasiment inconnue de la plupart des Indonésiens… Cette fois pourtant, lors de ces jeux de Londres, on pouvait espérer un changement. D’ailleurs, d’autres chaînes que TVRI, notamment les deux chaînes d’infos Metro TV et TV One s’y sont intéressées, elles ont même l ancé des mini journaux quotidiens des jeux. Pour lâcher prise petit à petit devant ce qui est devenu malheureusement la pire prestation du pays depuis plus de vingt ans. En effet, la disqualification du tandem de badminton Meiliana Jauhari et Greysia Poli, pour avoi r vol ont a i rement perdu un match de poule, a préfiguré la débandade à venir. Sanctionnées par le comité olympique, elles ont été exclues des jeux. Dure entrée en matière pour l’archipel…

Comme à chaque fois depuis 1992, les espoirs de médaille reposaient essentiellement sur les joueurs de badminton qui sont réputés être parmi les meilleurs du monde sinon les meilleurs. Mais l’Indonésie a subi déconvenue sur déconvenue. Le double-mixte a échoué au pied du podium alors qu’il était donné pour favori. « Ce sont eux qui ont la meilleure chance de médaille d’or  », avait pourtant prédit Sigit Budiarto, une des anciennes gloires de la discipline, dans une envolée reprise par l’agence Antara. Taufik Hidayat, médaille d’or à Athènes en simple-messieurs, n’a pas brillé non plus. Idem pour Simon Santoso ou encore Ardiyanti Firdasari. Bref, au final, sur les 21 athlètes sélectionnés dans 7 disciplines, seuls les haltérophiles Triyatno (argent) et Eko Yuli Irawan (bronze) ont rapporté un peu de gloire olympique au pays. Avec une 65ème place sur 85 au tableau des médailles et le plus mauvais rapport médailles / nombre d’habitants juste après l’Inde, l’Indonésie n’a bien évidemment aucune raison de se réjouir.

Il est bien dommage que ce rendez-vous important pour l’archipel ait encore été manqué. Ces jeux, qui auraient pu enfin établir le pays comme un participant conscient et enthousiaste du plus gros événement sportif de la planète, ont tourné à la catastrophe cette fois par manque de résultats. Le grand raout médiatique qui se dessinait – pour la première fois avec un peu de professionnalisme - est retombé comme un soufflé et l’orgueil national a été sérieusement bafoué. L’attention des médias va désormais se tourner vers les épreuves du PON de septembre au cours desquelles – sans vouloir faire de mauvais esprit – toutes les médailles seront cette fois raflées par des Indonésiens... Cela est bien triste car ces jeux sécessionnistes, pâle copie des JO, parangon d’un nationalisme suranné sorti tout droit d’une autre époque, nous renvoient une image bien désuète du pays. Il ne s’agit pas de condamner les compétitions nationales bien entendu mais cette parodie indonésienne des olympiades ressemblent de plus en plus à un legs ridicule d’un passé révolu. Et finalement bien plus embarrassant qu’une contreperformance aux jeux de Londres. Alors, Rio, ce n’est que dans quatre ans, tout le temps nécessaire pour se préparer à effacer les mauvais résultats de 2012 et réussir enfin l’entrée de la nation toute entière dans ce graal du sport planétaire que sont les JO, les vrais !

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