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Drogues, vers la fin du tout répressif ? - La Gazette de Bali – Information sur Bali et l’Indonésie
La Gazette de Bali - Dernière éditionAoût 2014
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La Gazette de Bali est un journal mensuel de 40 pages, imprimé à Bali et distribué à travers toute l’Indonésie. Seul média francophone en Indonésie, la Gazette de Bali propose un contenu généraliste pour mieux décrypter les cultures indonésiennes et l’actualité de ce vaste pays, grand comme l’Europe. Quelques pages pratiques sur Bali sont plus spécifiquement dédiées aux touristes sur Bali, aux résidents et aux candidats à l’expatriation.

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Drogues, vers la fin du tout répressif ?

Drogues, vers la fin du tout répressif ?  - La Gazette de Bali

Avec la mise en liberté conditionnelle récente de deux condamnés notoires - le Français Michaël Blanc et l’Australienne Schapelle Corby - et les derniers rapports des Nations Unies et de l’INCB (International Narcotics Control Board) sur l’état de la production et du trafic des stupéfiants dans le monde, l’Indonésie s’est retrouvée récemment sous les projecteurs. Non seulement, sa politique du tout répressif est un échec retentissant mais elle est également passée du statut de pays de transit du trafic mondial à celui de pays producteur. Avec l’aide de ces rapports d’experts, passons en revue les éléments de ce changement de profil du pays sur la carte internationale du trafic de drogue.

L’Indonésie, toujours prompte à accuser l’« étranger » des maux dont elle souffre, était traditionnellement cantonnée au rôle de « pays de transit » de ce trafic international qu’elle se plaisait à voir comme une sorte de maladie venue d’ailleurs. Telle était, en tout cas, la perception officielle distillée par les politiciens, les journalistes et autres acteurs de la vie publique sur les dangers des narkoba (narcotiques) pour la nation. C’était déjà oublié que la province d’Aceh était traditionnellement une zone de production de cannabis, un trafic qui a financé la guérilla contre Jakarta des années 70 jusqu’à la résolution du conflit dans les années 2000. Ces derniers temps, cette perception s’est révélée complètement dépassée. En effet, Les infos sur des labos de production d’ecstasy ou de shabu shabu (méthamphétamine) fermés par la police n’ont cessé de faire la Une des journaux. Et le dernier rapport de l’UNODC (United Nations Office on Drugs and Crime) confirme bien cette tendance.

Les chiffres officiels parlent d’eux-mêmes. Ces deux dernières années, la police indonésienne a démantelé près de 150 labos clandestins de production de ces deux drogues qui, à elles seules, représentent près de la moitié des demandes de traitement pour stupéfiants dans le pays (46%). Les arrestations liées à ces deux produits représentaient 62% du total des arrestations pour drogues en 2011, contre 53% en 2010 et 38% en 2009. 77% des femmes arrêtées pour des affaires de drogue en 2011 l’on été pour une infraction en rapport au shabu shabu. La valeur de cette drogue sur le marché indonésien est estimée à un milliard de dollars par an, celle de l’ecstasy à 230 millions de dollars. Et en 2013, les saisies de shabu shabu ont augmenté de 75%. « L’Indonésie est non seulement une destination et une plaque tournante pour le trafic de drogues, mais c’est aussi un pays producteur », confirme Troels Vester, directeur de l’UNODC pour l’Archipel.

« Grenade », une association qui dégoupille… Les NPS (nouvelles substances psycho-actives) comme la cathinone, la méphédrone, la méthylone et les cannabinoïdes synthétiques sont également très prisés ici. Elles ont occupé le devant de la scène médiatique l’an dernier avec l’arrestation du présentateur vedette Raffi Ahmad, alors en possession de cathinone. Ces nouvelles drogues, qui se renouvellent sans cesse sous des formulations toujours différentes prennent le législateur de court et apparaissent immanquablement avec un temps de retard sur le tableau des substances prohibées. Sans parler de leur fabrication réputée facile : « A la différence des drogues naturelles comme la marijuana ou la cocaïne, elles peuvent être fabriquées très facilement et très rapidement dans un labo à la maison », avait affirmé pour sa part le responsable de l’agence nationale de lutte contre les stupéfiants (BNN) à l’occasion de cette affaire.

On connait l’attitude de l’Indonésie sur les stupéfiants. D’un certain laxisme qui prévalait encore jusque dans les années 90, on est passé au tout répressif des années 2000. Ce changement d’attitude est-il la conséquence directe de la vague de moralisation qui s’est emparée de la société avec le retour au premier plan des partis religieux dans la vie politique ? Notons que l’association indonésienne la plus active dans la lutte contre les stupéfiants se nomme Granat pour Gerakan National Anti Narkotika. Granat veut dire « grenade » en indonésien et cela illustre bien l’attitude et la philosophie de cette association très réactionnaire qui veut traîner le président SBY en justice pour les remises de peine qu’il a accordées à Schapelle Corby.

Quoi qu’il en soit, cela pourrait changer. Devant l’échec d’une pénalisation extrêmement lourde dans les affaires de drogues, certains commencent à douter. Par ailleurs, le dernier rapport de l’INCB affirme en effet qu’un changement d’attitude mondial est à souhaiter. « Changer la répression en prévention et traitement pourrait faire économiser des milliards de dollars tous les ans alors que les agences anti-narcotiques sont bien en peine de lutter contre une offre grandissante de produits illégaux de plus en plus disponibles », affirme en substance ce rapport.

Prévention et réhabilitation plus économiques

La plupart des études menées récemment prouvent que « chaque dollar dépensé en prévention peut faire économiser jusqu’à 10 dollars aux gouvernements en coût ultérieur. Par conséquent, les investissements des gouvernements dans la prévention, le traitement et les programmes de réhabilitation et leurs systèmes de contrôle doivent être maintenus, même en période d’austérité financière », poursuit le 45ème rapport de l’INCB, qui travaille en collaboration avec l’UNODC. Et de démontrer que si chaque toxicomane dans le monde avait reçu un traitement en 2010, le coût global aurait été de 200 à 250 milliards de dollars soit seulement 0,3 à 0,4% du produit mondial brut. Sans parler des bénéfices sur le front des infections du VIH, des overdoses et des visites aux urgences, conclut le rapport.

Dans la foulée de ces rendus importants des Nations Unies, les ministres et autres responsables des affaires relatives aux narcotiques en Indonésie ont décidé courant mars d’une nouvelle réglementation selon laquelle les toxicomanes seront désormais envoyés en réhabilitation plutôt qu’en détention. Il faudra simplement qu’à un moment ou un autre de la procédure, un avis soit donné pour délimiter la frontière entre usage et trafic. Une frontière qui peut être floue et sujette ici à toutes sortes de marchandage... Précédemment, à l’occasion d’un séminaire, un autre officiel du ministère de la Santé avait dénoncé l’ambigüité de la loi existante qui criminalise sans distinction tous ceux impliqués dans les affaires de stupéfiants, qu’ils soient consommateurs ou dealers. On estime qu’il y a 4,7 millions de personnes dans l’Archipel, âgés entre 10 et 59 ans (2,2% de la population) qui consomment des drogues.

Jusqu’ici, la réhab’ était un luxe accessible seulement aux happy few en Indonésie, ce fut le cas de Raffi Ahmad, également celui en 2011 de Putri Aryanti Haryowibowo, la petite fille du dictateur Suharto, celui encore d’Akil Mochtar, le président de la Cour constitutionnelle corrompu et toxico, dont aucune charge pénale n’a été retenu contre lui malgré la découverte de drogues dans son bureau de fonction (cf. La Gazette de Bali n°102 – novembre 2013). En Indonésie, 42% de la population carcérale est liée à une infraction aux narcotiques. Les centres de réhabilitation indonésiens, s’ils ont le mérite d’exister même s’ils ne profitent pas à tous, sont également discutables dans leur méthodologie puisqu’ils mélangent sevrage violent et foi religieuse… Enfin, à défaut, saluons ce début de prise de conscience.

Vos commentaires

  • Le 19 mai, par mana

    Qu’on interdise les drogues chimiques car elles sont clairement nocives et dangereuses pour la société, c’est compréhensible. Ce que je comprends plus, c’est qu’on continue à appliquer le même tarif pour le cannabis alors qu’on sait aujourd’hui que la marijuana est aussi une médecine et un remède efficace et sans effet secondaire !


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