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A Jembrana, ils jouaient du jegog debout - La Gazette de Bali – Information sur Bali et l’Indonésie
La Gazette de Bali - Dernière éditionJuillet 2014
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A Jembrana, ils jouaient du jegog debout

A Jembrana, ils jouaient du jegog debout - La Gazette de Bali

Tradition musicale de l’ouest de Bali, les orchestres de jegog sont des gamelans de bambou qui possèdent la particularité d’être énormes en taille et d’émettre des fréquences sonores inhabituelles. Et puisqu’il est prévu que la formation Seni Tingklik Jegog joue pour la fête de départ du consul de France Raphaël Devianne le 15 juin, nous sommes donc allés à sa rencontre, dans la région de Jembrana, pour en savoir plus sur cette musique typiquement balinaise qui fut interdite par les colonisateurs hollandais.

En sortant de la voiture, après deux heures et demi de route depuis Denpasar, nos sens sont saisis immédiatement. Nous sommes quelques centaines de mètres au-dessus du niveau de la mer et la fraîcheur mêlée à l’odeur vinaigrée du cacao en train de sécher au soleil nous prend les narines immédiatement, d’une façon pour le moins entêtante… Mais cela n’est rien comparé aux vibrations sonores qui nous accueillent sous le bale de ce village de Pohsanten, banjar Pasatan. La formation au grand complet est là et le son puissant qui sort des caisses de résonance en bambou nous ferait presque décoller du sol. Derrière les instruments, des sourires et des regards un peu inquiets nous souhaitent la bienvenue. Qui sont donc ces étrangers venus du sud de l’île pour les questionner sur leur musique ? Nous sommes là dans le fief du jegog, ce genre de gamelan unique à Bali, il y aurait « presque une centaine de groupes alentour » nous explique Rondi, 31 ans, qui nous a guidés jusqu’ici.

Entre musique sacrée et musique profane

Derrière nous, Michel Descent est aux anges. C’est grâce à ce Canadien de 53 ans, manager de l’hôtel Puri Dajuma à Medewi, que nous sommes là aujourd’hui pour cette rencontre étonnante. Cet hôtel où ils jouent régulièrement devant les touristes qui y séjournent est aussi leur mécène depuis 10 ans. Michel Descent ne tarit pas d’éloge sur cette musique qui l’a complètement conquis. Rondi nous briefe sur l’histoire : « Les premiers instruments pour jouer le jegog sont apparus en 1912 à Negara, créés par Kiang Geleduh. Ils sont devenus rapidement populaires auprès des paysans qui les ont adoptés pour leurs célébrations, notamment lors des récoltes. Inquiets de cette popularité, qui donnaient lieu à d’immenses rassemblements, les Hollandais ont interdit le jegog en 1940. Tombés dans l’oubli, ils ne sont réapparus que dans les années 70. » Musique sacrée à l’origine, elle l’est toujours aujourd’hui mais a atteint une dimension profane. Certes, on l’a joue toujours dans les cérémonies, pour les mariages, mais aussi le samedi soir lors de réunions informelles de villageois bien arrosées à l’arak. Et là, à la manière du célèbre joged bumbung (orchestre de bambou également, mais plus petit), de jeunes et jolies danseuses invitent les mâles de l’assistance à partager de lascifs déhanchements érotiques.

Après le morceau de bienvenue, nous faisons connaissance avec les joueurs, jusqu’à 19 personnes dans le cas de Seni Tingklik Jegog. Putu Sudyana, 37 ans, est le responsable de la formation. Il a commencé à jouer à l’âge de 12 ans. Jegog, ça veut dire énorme, géant, en balinais. Et c’est si gros un jegog, que sur le dernier rang, qui donne d’ailleurs son nom à l’ensemble, les musiciens sont directement montés dessus pour jouer avec leurs maillets en caoutchouc. Ce jegog est entouré de deux undir qui complètent cette ligne de basse de l’arrière de l’orchestre. Chaque lame de bambou a un bambou résonateur, bouché vers l’arrière, ouvert en biseau à l’avant, disposé juste en dessous. Ce dispositif fait jusqu’à plusieurs mètres de long pour les plus imposants ! Si le jegog est né dans cette région, ce n’est pas par hasard, les plus gros bambous de l’île, les dendrocalamus giganteus, sont en effet endémiques du coin. Le Seni Tingklik Jegog, précise Putu Sudyana, « est un ensemble à trois rangs, comparé aux plus grosses formations qui en comptent quatre. »

Devant les basses du dernier rang, qui émettent des fréquences qui descendent jusqu’à 60 hertz, on trouve le rang des kancil, leur rôle est de maintenir le rythme et on les joue avec des maillets en bois pour une meilleure attaque. Devant encore, se trouve la rangée des barang, joués avec des maillets mi-bois, mi-caoutchouc. Et c’est là qu’on distille la mélodie des morceaux. Celui du centre est occupé par le patus, ou chef d’orchestre, en l’occurrence aujourd’hui Putu Somo, 35 ans. « Ce qui compte dans le jegog, c’est la vitesse et la force », explique ce paysan au regard fier, sûr de son art et de sa virtuosité. Le patus peut compter sur le patus kancilan, un rang derrière lui, pour être suivi par le reste de l’orchestre. A cela, on rajoute encore des flûtes (suling), des tambours (kendang), des cymbales (ceng-ceng) et éventuellement des gongs (tawa-tawa) pour une formation pouvant dépasser les 20 instrumentistes. Etonnés de voir les musiciens jouer tous debout, contrairement aux gamelans métallophones, Putu Somo nous répond que les musiciens de jegog ont fini pas se mettre debout à cause du genre même de cette musique « toute en énergie ». Et puis aussi pour le style…

Neng, ning, nung, nang

Très populaire aujourd’hui - le jegog s’exporte même au Japon et en Allemagne - cette musique est jouée partout dans l’ouest de Bali. C’est bien sûr la musique des traditionnelles courses de taureaux de Jembrana, le mekepung (cf. La Gazette de Bali n°14 – juillet 2006). On en organise aussi chaque année des compétitions dans une sorte de « Battle of the Bands » où un jury détermine la meilleure formation lors de duels où deux jegog jouent ensemble, mais aussi en fonction de critères esthétiques comme la décoration des instruments et les costumes des joueurs. Il faut pas moins d’un mois pour réaliser toutes les pièces d’un jegog dont le coût total se situe aux alentours de 40 millions de roupies. Enfin, pour nos lecteurs musiciens, rappelons que le jegog n’est pas accordé comme nos instruments occidentaux. Il y a seulement quatre notes baptisées neng, ning, nung, nang, de la plus basse à la plus haute sur le jegog, et huit sur les barang et kancil, aux lames de bambou plus petites, avec une octave de différence entre les quatre premières et quatre dernières. Comme on joue avec un maillet dans chaque main, il faut donc laisser un espace de trois lames vides entre chaque frappe. Mais foin de blablabla, la musique, ça s’écoute, alors rendez-vous tous ensemble le 15 juin pour la fête du consul !

Le Seni Tingklik Jegog se produira pour la fête de départ du consul de France Raphaël Devianne le 15 juin à Bow, Jl Batubelig #11, Kerobokan à partir de 18h30. Entrée 75 000 Rp.

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