INDIGNATION INTERNATIONALE APRES L’INCARCERATION D’AHOK

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Une indignation générale à l’énoncé du verdict condamnant le gouverneur sortant de Jakarta Basuki Tjahaja Purnama à deux ans de prison pour blasphème à fait le tour du monde des démocraties et des organisations internationales des Droits humains. Elles ont dans un mouvement d’ensemble exigé officiellement l’annulation de cette loi sur le blasphème dans le code pénal indonésien.

Phelim Kine, un des responsables pour l’Asie de l’ONG Human Rights Watch, a prévenu des dangers d’une telle loi qui est actuellement utilisée pour punir ceux qui ne se conforment pas aux six religions acceptées par le pays, avec des peines pouvant aller jusqu’à 5 ans fermes.

« La loi a été utilisée pour accuser et emprisonner des membres des religions minoritaires et des religions traditionnelles », a dit Kine dans un Tweet.

Il a commenté la réaction du président Joko Widodo à la sentence de Basuki Tjahaja Purnama appelant à respecter la procédure légale et le verdict.

« Il devrait plutôt tenir sa parole sur ses promesses de promouvoir le pluralisme religieux en Indonésie et abolir la loi sur le blasphème et autres règlements discriminatoires qui menacent les minorités religieuses du pays’, a continué Kine.

Le Haut-commissariat pour les Droits humains des Nations Unies a également exprimé sa préoccupation : « Nous sommes concernés par la peine de prison du gouverneur de Jakarta pour blasphème contre l’islam. Nous appelons l’Indonésie à réviser cette loi. »

Les Parlementaires de l’ASEAN pour les Droits humains ont affirmé dans un communiqué reçu par le Jakarta Globe que le verdict est « profondément préoccupant », pas seulement pour l’Indonésie mais pour toute la région.

Son président Charles Santiago a affirmé que ce verdict ternissait la position de leader régional de l’Indonésie en termes de démocratie et d’ouverture et « mettait en doute le futur de l’Indonésie en tant que société diverse, ouverte et tolérante. »

Santiago a également affirmé qu’Ahok était « victime de la montée de l’extrémisme et d’une politisation de l’identité religieuse », notant que le verdict du tribunal allait avoir des conséquences pour la justice dans tout le pays et pas seulement pour le gouverneur.

« C’est un triomphe de l’intolérance et un mauvais signe pour le droit des minorités. Au moment où les libertés fondamentales, incluant les libertés d’expression et de religion, sont sous une pression croissante dans la région, ce verdict envoie le mauvais signal aux voisins de l’Indonésie dans la communauté de l’ASEAN », a-t-il ajouté.

Amnesty International a également exprimé des préoccupations similaires dans un communiqué disant que le verdict « allait salir la réputation de tolérance de l’Indonésie. »

L’Indonésie a été régulièrement critiquée pour maintenir sa loi sur le blasphème depuis sa conversion démocratique.

Les Nations Unies viennent justement de recommander la semaine dernière à l’Indonésie de supprimer la loi sur le blasphème de son code pénal.

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