INCIDENT EN PAPUA ENTRE POLICE ET VILLAGEOIS : 1 MORT ET PLUSIEURS BLESSES

PARTAGER SUR

La police indonésienne a ouvert le feu sur des villageois à Deiyai, Papua, en tuant un et en blessant plusieurs autres, dont deux enfants, lors d’une échauffourée entre les villageois et les ouvriers d’une entreprise voisine.

Ce qui n’était au début qu’une altercation, a commencé lorsque les villageois ont demandé aux ouvriers de conduire un homme mourant rapidement à l’hôpital le plus proche.

Le ton est monté lorsque les employés ont refusé d’effectuer le transport de l’homme.

Le rapport de police affirme qu’un homme de 28 ans, Yulius Pigai, a été abattu de plusieurs balles. Il est mort sur le champ.

Le curé du village, Santon Tekege, ainsi qu’une autre témoin, affirment que le nombre des blessés s’élève à 7 personnes.

« Il n’y a eu aucun tir de sommation, a expliqué le curé. Les policiers ont utilisé leurs armes directement sur les villageois non armés. »

Le parlement de la région, une des plus à l’est de l’Indonésie, ont appelé à l’arrestation des policiers impliqués dans les tirs et au retrait de cette brigade mobile.

Le chef du district, Fransiskus Bobii, a pour sa part affirmé hier que la personne abattue par la police était justement celle en train d’essayer de calmer les tensions entre les villageois et les ouvriers.

De son côté, la police indonésienne, par l’intermédiaire de son organisme de surveillance interne Kompolnas, a affirmé que le personnel de la brigade devait être interrogé afin de voir si la procédure en vigueur sur l’utilisation de leurs armes à feu a été respectée.

Le révérend Neles Tebay, coordinateur de l’association Peace for Papua, a pour sa part déploré l’incident.

« Nous devons reconnaître que cet événement a occasionné une nouvelle blessure dans le cœur des Papous. Le violence d’état, comme avec ces tirs, peut avoir un impact fatal pour l’Indonésie. Avec de telles violences, il devient difficile d’espérer que le nationalisme (ndlr- envers l’Indonésie) va croitre dans le cœur des Papous », a-t-il poursuivi.

L’Indonésie maintient une présence policière et militaire importante dans cette province agitée, une région riche en minéraux où un mouvement séparatiste est actif depuis plusieurs décennies.

Essentiellement chrétiens, les Papous ont vu leur population dépassée en nombre ces dernières années par les migrants à majorité musulmane venus des autres îles de l’Archipel.

Région sous haute surveillance depuis son rattachement forcé à l’Indonésie, la Papua indonésienne, aujourd’hui divisée en deux circonscriptions, est difficile d’accès, notamment pour la presse, et ce malgré l’annonce du président Jokowi qui, en 2015, avait annoncé que la presse était libre d’y pénétrer.

D’après Washington Post et Jakarta Post.

Lire aussi :
Papua : Le talon d’Achille du gouvernement
PAPUA : INTERDICTION TOTALE SUR L’OISEAU DE PARADIS ET SES PLUMES
En famille, à la rencontre des tribus Dani de Papua
Papua, rencontre du troisième type
Papua, rencontre du troisième type (2ème partie)
Papua: la transposition du missionnaire

SOURCEJakarta Post
PARTAGER SUR

PAS DE COMMENTAIRES

LAISSER UNE RÉPONSE