GUERILLA NOCTURNE

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Vendredi ou la vie sauvage, c’est le nouveau scénario de nos débuts de weekends ! Exit les clubs chics climatisés et les sonos survitaminées, si vous voulez suivre le troupeau, c’est d’abord à Jungle que vous irez danser avec les loups. Construit au beau milieu des rizières, dans la fameuse bande verte inconstructible d’Umalas, c’est
Dr. Jekyll et Mr. Hyde : un resto désertique qui se transforme en foule tropicale luxuriante un soir par semaine. La grande cheftaine italienne de la meute, au carnet d’adresses long comme le Gange y convie le Tout-Bali : les vieux lions qui rugissent encore, les jeunes Mowgli de Canggu, le Bule un peu Baloo, les cougars en Jaguar, les Kaa sociaux avec leurs mitaines en python et tutti quanti. Même Robert de Bagnolet, avec sa petite queue de renard sur la nuque, a garé sa Bagheera un peu plus bas.

Une fois sur place, dans la chaleur torride, serrés comme des sardines, c’est concours d’auréoles sous les bras et bises dégoulinantes. Trop de monde pour apercevoir le DJ ou pour atteindre le bar. Au milieu de la bruyante forêt de corps humides, une envie soudaine de déforestation ! Pourtant, tout ce petit monde a l’air joyeux. Les mains moites et le rimmel coulé par la sueur, une minette tout sourire, comme le petit singe de son sac Kipling, hurle à ses amis : « On est bien ici en extérieur plutôt qu’enfermés dans une boîte ! »

Puis, soudain, la transhumance s’organise vers Hacienda, un resto texmex, à quelques mètres à vol d’aigle de Jungle.
Caramba ! Quel changement d’ambiance ! Ca sent encore bon les tacos chauds que la foule arrive déjà. Un sosie de Dora l’Aventurière sur le retour vend les billets d’entrée sous l’œil bienveillant d’un Sergent Garcia des Laskar. Une fois installés sur son fameux El Rooftop, c’est encore plein air, encore rizières et encore humide. Mais niveau musique, c’est plus torride. Berlin s’invite à la fiesta ! La version Bratwurst de Zorro, avec aux platines, le mystérieux DJ Trust Me, dont l’antisocial ne perd pas son sang-froid. Un petit groupe de flamands rose moscovites mange des Pepito en douce pendant qu’accoudés au bar, deux Pablo Escobar se recoiffent la moustache, le tout dans une déco néo-aztèque un poil discutable. Le dancefloor s’excite et, les margaritas aidant, nos moutons de Jungle se transforment une fois minuit passé en loups-garous pour les uns, en chihuahuas pour les autres. Un Maradona des Carpates propose le coup du sombrero à une Bambi californienne, qui sent bon le miel d’abeille Maya. Fidèle à lui-même, un conquistador de la night allume son cigare en beuglant : « Holà Gringo, il est bon mon DJ ! » Aux toilettes, c’est « Welcome to Tijuana ». Deux surfeurs se racontent des blagues à 3 Pesos et la fête dure jusqu’à l’aube, avec en dessert, une vue imprenable sur le lever de soleil devant le Mont Agung.

Une fois par semaine, au diable les lieux aseptisés et les dresscodes contrariants. Jungle et Hacienda ont secoué le cocotier de la night. Un vrai pied-de-nez aux clubs traditionnels. La revanche des poulets élevés au grain en plein air sur les cartels de l’industrie de la fête en batterie.
Viva la revolucion!

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