FRANCHIR LES MURS POUR CONSTRUIRE DES PONTS

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Quand on parle de pic à glace, de papier-bulle ou encore du célèbre masseur de joue du catalogue La Redoute, ce qui compte, ce n’est pas tellement l’objet mais surtout la façon de s’en servir. S’il s’agit là de références que ne comprendront peut-être pas ceux que l’on qualifie par un des anglicismes les plus exaspérants du moment, à savoir les « Millennials », ces enfants du millénaire – nés vers la fin du siècle dernier et qui n’ont pas connu le magnétoscope, le papier ou Sharon Stone – pourront néanmoins se faire une idée du sujet car c’est exactement le même problème avec Facebook. Bien qu’il soit à peu près clair pour tout le monde qu’il représente aujourd’hui le meilleur ennemi de l’homme et une sérieuse menace pour son bien-être quotidien, on sera tous d’accord pour dire qu’il serait injuste de s’attaquer à l’outil quand, en définitif, ce sont ses usages qui sont en cause.

A Bali, on est comme partout ailleurs amené à subir les aléas classiques auxquels s’exposent toutes personnes connectées au réseau. Des photos de salades de concombres accompagnées de citations de Nelson Mandela tel que « Keep calm and eat organic » que des Digital Nomads essaiment chaque jour pour faire un monde meilleur. Celles invariablement intitulées « Trop dur la vie » d’amis en vacances qui ont réussi à cadrer leurs pieds avec un bout de plage de Gili Trawangan en toile de fond. Les bons petits articles de derrière les fagots pour alerter sur les dangers des Gojek transgéniques ou comment les templiers ont inventé les nuggets de poulet pour conquérir le monde. Ou encore les torrents de RIP à chaque décès de célébrités, les dizaines de HBD à chaque anniversaire et les étouffantes notifications que tout cela engendre.

Comme presque 2 milliards de personnes, on doit légitimement se demander pourquoi s’infliger une telle épreuve. C’est que pour y trouver de l’intérêt, il ne faut pas hésiter à se tourner vers les groupes Facebook. On en trouve ici en très grand nombre, de toutes les tailles, sur des thèmes variés et dans toutes les langues. Publics ou privés, ils seront par exemple assez pratiques pour tout ce qui concerne l’immobilier. Et ils s’avéreront spectaculairement efficaces pour l’achet et la vente d’objets de seconde main. Dans bien des cas, quelques heures suffisent. Ils seront aussi particulièrement efficaces pour obtenir des réponses rapides à tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la vie à Bali. Par contre, gardez à l’esprit que rapide ne signifie pas forcément que la réponse soit fiable. Le doute devrait d’ailleurs s’immiscer assez vite quand quelqu’un viendra contredire vote 1er interlocuteur en le traitant d’abruti avant de se faire lui-même désavouer par une 3ème personne qui tranchera que de toute façon les 2 autres n’y connaissent rien.

Un débat pertinent qui devrait se conclure quand un « Millennial » fera l’unanimité contre lui après avoir essayé d’apaiser la situation par une citation de Martin Luther King : « Keep calm and kiss a lot of frogs before you find your prince. »

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