FORUM MONDIAL DES CCE A BALI : GRAND RAOUT FRANÇAIS EN ZONE ASIE-PACIFIQUE

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Le prochain Forum mondial des Conseillers du commerce extérieur de la France va se dérouler au Grand Hyatt de Nusa Dua du 3 au 5 octobre. Sur le thème « Les enjeux de l’Asie-Pacifique », 28 délégations des pays de cette partie du monde sont concernées. Ce grand meeting de Bali succède au Forum mondial de Deauville en 2016 qui avait été un véritable succès. Au programme des nombreuses conférences et discussions, qui vont être portées devant un public de délégués de près de 500 personnes, il y aura des thèmes comme « Regards d’Asie », « Asia-Pacific: The World’s Economic Lungs? », «  Maritime Issues in Asia-Pacific: The World’s Center of Gravity » ou encore « Which Financing Solution for Asia-Pacific? »

METTRE EN CONTACT 400 DECIDEURS AVEC LES BONS RELAIS

Avec Pierre Noyer, président du comité Indonésie des CCE et du comité de pilotage du Mondial des CCE 2017, voyons l’importance d’une telle manifestation pour les relations commerciales de la France avec les autres pays de cette partie du monde.

La Gazette de Bali : Quelle est la thématique principale de ce forum à Bali ?
Pierre Noyer : La thématique de ce forum est « Autre monde, vues d’Asie-Pacifique » ; nous tenons des forums CCE régionaux dans l’ASEAN tous les ans. Cette année, il avait été décidé d’élargir à l’Asie du Nord et la partie Océanie du Pacifique.

LGdB : Quels sont ses objectifs ?
P N : Ils sont triples. Tout d’abord offrir aux entreprises françaises une perspective renouvelée sur l’importance de la région Asie-Pacifique dans les grands équilibres mondiaux. Ensuite, mettre en valeur le rôle de l’Indonésie dans ces dynamiques. Enfin, mettre en contact 400 décideurs avec les bons relais.

LGdB : Conseillers du Commerce extérieur, chambres de commerce, agence Business France (ex-Ubifrance), toutes ces organisations semblent se superposer tout en ayant sensiblement le même propos. Pouvez-vous aider le néophyte à y voir plus clair ?
P N : Les CCE existent depuis près de 200 ans ; leurs rôle est celui de conseiller auprès de l’ambassadeur et de la mission économique sur le climat des affaires du pays de référence et bien sûr d’échanger, lors des réunions conseils, analyse et expériences. Les CCE sont aussi les interlocuteurs lors des visites professionnelles (Medef, délégations) et officielles (membres du gouvernement et parlementaires). Les Chambres de Commerce et d’Industrie (CCI), dont la création remonte au 16ème siècle, sont plus les interlocuteurs naturels des entreprises françaises installées dans un pays pour les relations avec l’administration locale et son alter ego. Par exemple, ici, les chambres nationales (Kadin) ou organisations professionnelles (Apindo). Elles sont aussi le contact indispensable par leurs expériences pour les nouveaux investisseurs ; elles comportent entre 200 et 800 membres adhérents (dans la région), autour d’un bureau élu de 10 représentants. Elles animent aussi des conférences thématiques et des rencontres entre membres régulièrement. Business France participe au développement et à la réussite des entreprises désireuses de s’implanter à l’international en les accompagnant du début à l’aboutissement de leurs projets, dans une démarche orientée vers efficacité et résultats. Mobilisé pour la création de valeurs, en France et partout dans le monde, Business France est au service de l’internationalisation de l’économie française.

LGdB : Que représentent les CCE ? Combien sont-ils en Indonésie ? Comment sont-ils désignés ?
P N : Les CCE sont entre 25 et 35 en Indonésie, couvrant les secteurs-clefs économiques (tourisme, transport, finance, industrie, distribution, énergie etc.). Ce sont des dirigeants de grands groupes, des experts-consultants et des entrepreneurs. Les candidats sont désignés par le bureau et approuvés par le directeur de la mission économique localement, avant un accord national au CNCCEF et ministère concerné.

LGdB : Comment est financé un tel événement ? Quels sont les retours espérés ?
P N : Une participation forfaitaire est demandée aux participants à titre individuel, un certain nombre de sponsors (40) viennent compléter le financement.

LGdB : Quelle présence officielle française à ce forum ? Et indonésienne ?
P N : Au-delà des 400 participants déjà inscrits, nous attendons la présence d’un secrétaire d’état, du côté indonésien, du président du BKPM, et quelques anciens ministres en fonction de notre représentativité.

LGdB : Donnez-nous une bonne raison d’affirmer que l’Indonésie ne sera plus le parent pauvre des efforts français de partenariat économique dans la région.
P N : La visite du ministre de la Défense en janvier dernier, celle du ministre des Affaires étrangères (et ancien Premier ministre) au début mars, celle du président Hollande le 29 mars accompagné de 3 ministres, sont autant de bonnes raisons d’affirmer que l’Indonésie est un objectif stratégique pour notre pays.

POSITIF SUR CE QUI FAVORISE L’IMAGE ET L’ACTIVITE ECONOMIQUE DE BALI

Philippe Augier, président de la chambre de commerce de Bali (IFCCI), est également bien connu des lecteurs de la Gazette de Bali pour son musée Pasifika, à Nusa Dua, qui présente une collection inestimable de peintures de la région Asie-Pacifique. Il est l’un des principaux artisans de ce forum en terre balinaise après avoir démarché le vice-gouverneur de Bali pour sa préparation. Il répond à nos questions sur les opportunités qu’offre ce Forum mondial des CCE…

La Gazette de Bali : Pourquoi choisir Bali pour ce forum ?
Philippe Augier : Le précédent forum ASEAN en 2005 a déjà eu lieu à Jakarta ; la capitale fait face cependant à des travaux de modernisation qui rendent la circulation très difficile depuis 2013. Enfin, Bali est le grand centre de conférence régional ; donc un avantage pour la visibilité de ce forum ; par ailleurs, deux des précédents forums CCE se sont aussi tenu dans des lieux de villégiature (Miami, Deauville), donc aucune connotation négative à cette décision.

LGdB : Vu la volonté de Bali de se positionner en leader sur le terrain MICE (Meetings Inventives Conférences and Exhibitions), cela n’a sans doute pas été difficile de convaincre les autorités. Pouvez-vous nous décrire vos démarches auprès du gouverneur ?
P A : Oui, comme indiqué, Bali, depuis une décade, a enchainé les grandes conférences internationales avec succès : UN – CCC (2007) ASEAN – East Asia (2011), APEC (2013), WTO (2013), WCF (2014/16) BDF 1-7 et autres événements sur le tourisme (Miss World 2015). Le nouveau terminal, l’accès direct par autoroute à Nusa Dua et le choix des centres et hôtels dans le complexe de BTDC sont des atouts uniques. Le gouverneur est bien sûr très positif sur ce qui favorise l’image et l’activité économique de l’île. Le vice-gouverneur nous a d’ailleurs reçus à ce sujet, ce qui nous a permis de rappeler la présence de la communauté française dans l’île et son dynamisme dans le tourisme, la mode, les énergies renouvelables, l’export et la culture.

LGdB : Quel est le rôle de la chambre de commerce de Bali (IFCCI) dans cette initiative ?
P A : Le choix de la destination est à la seule prérogative des CCE, dont 3 habitent Bali d’ailleurs. Mais la chambre est depuis un an au service du forum à travers son bureau et ses contacts.

LGdB : Que va-t-elle retirer du déroulement de ce forum ici ?
P A : Nous espérons que plusieurs de nos membres et des entrepreneurs de Bali participeront à ce forum et nous rejoindront pour une meilleure représentation.

LGdB : Quels sont les intérêts de cet événement pour nos compatriotes de Bali ?
P A : Nous avons contacté une trentaine d’entre eux pour les mettre en valeur sur notre stand et dans vos colonnes.

LGdB : Et du côté Balinais, qu’espère-t-on d’un tel forum ?
P A : Ce forum est une opportunité unique de mettre en valeur l’Indonésie, son potentiel, nos succès passés et surtout présents pour nos entreprises et nos entrepreneurs. Nous avons terminé un guide des affaires que nous remettrons aux participants et qui sera disponible en ligne et à la chambre. Bali, sortie de sa nostalgie de paradis tropical, apparaît comme une destination qui allie tradition, culture et modernité. Elle reflète la progression de l’Archipel indonésien, 3ème démocratie mondiale par sa population, 4ème plus grosse population mondiale et 16ème économie mondiale.

Interviews par Eric Buvelot

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