FEUX DE FORETS : COMMENT LES ENTREPRISES ECHAPPENT AUX SANCTIONS

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Les entreprises de l’huile de palme et du papier ont des méthodes bien rôdées pour échapper aux sanctions et continuer à brûler des hectares de plantations. Ainsi, afin de continuer à utiliser la technique sommaire de culture sur brûlis pourtant interdite en Indonésie, mais qui est bien plus économique qu’un nettoyage des zones à planter de façon mécanisée, ces entreprises payent chichement les petits concessionnaires qu’elles emploient.

Quand le budget qu’elles allouent à un planteur n’est que de 500 000 roupies pour nettoyer ses terres, soit moins de 50 dollars, il n’est pas surprenant que celui-ci utilise la bonne vieille méthode radicale de l’incendie pour les préparer aux semences. Et il ne sera payé que quelques centaines de dollars de plus pour planter palmiers à huile ou arbres à papier.

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Ces arrangements crapuleux entre grosses compagnies et petits propriétaires terriens représentent également un avantage supplémentaire. En cas de problème avec la police, ce sont ces petits exploitants qui en subiront les conséquences légales.

« Les compagnies les utilisent comme boucliers, ce qui les dispense d’avoir à rendre des comptes devant la loi et met les petits exploitants en première ligne », explique Yuyun Indradadi de Greenpeace.

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Ainsi, les grosses compagnies les obligent à démarrer les feux sur leurs propres terres afin que ce dernier se propage ensuite sur leurs plantations. Ce faisant les grosses compagnies ne peuvent être accusés d’être à l’origine du « slash and burn ».

Nombre de ces entreprises sont également suspectées d’avoir payé certains d’entre eux pour se dresser devant les autorités, comme l’illustre l’affaire récente de kidnapping d’officiels à Riau (Sumatra).

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Selon l’organisation environnementale Walhi, quelques centaines de dollars ne représentent pas grand chose pour ces entreprises. Pour ces fermiers, par contre, cela représente une somme importante.

La ministre de la Forêt Siti Nurbaya Bakar a dénoncé la semaine dernière l’existence d’intermédiaires envoyés par les grosses entreprises ou « financiers mobiles » qui distribuent du cash afin que les petits exploitants brûlent leurs terres ou se mobilisent contre les autorités.

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Le coordinateur de l’Union des petits exploitants de l’huile de palme Mansuetus Darto a expliqué au Sunday Times que payer les fermiers pour qu’ils prennent le blâme ou acheter le silence des autorités locales étaient aussi des pratiques courantes. Dans ces deux cas, les entreprises n’hésitent plus à payer des sommes importantes pour couvrir leurs activités illégales.

SOURCEAsia One
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