En route vers le Bali d’avant… avec Jan

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Ce mois-ci, nous vous livrons un témoignage moins factuel que d’habitude, Jan a tenu à exprimer comment la culture balinaise pouvait aider à révéler nos personnalités.

« Après la première bombe, les Balinais et les expats se sont réunis pour délivrer un fort message commun de paix au monde. Avec mes amis balinais, Mr. Bali et Ida Bagus Buana, nous avons décidé de lancer ce que j’appelle un pavé dans la mare, c’est-à-dire de créer un événement dont les ondes pourraient se propager jusqu’au bout du monde, et peut-être calmer les fougues agressives. L’événement était une première. Il a consisté à rassembler mille danseurs pour un kecak géant, que j’ai intitulé « 1001 kecak » en hommage à mon ami Mr. Bali qui est devenu le 1001ème danseur. nous avons épuré les ajouts de Walter Spies pour garder un kecak brut, tout en vibrations, juste avec le son et les mouvements de la transe, sans beaucoup de chorégraphie, comme des ondes qui partent en vagues. Jusqu’alors, les grands prêtres balinais avaient toujours limité ce genre de danse sous prétexte que c’était trop puissant ; un groupe kecak est d’environ maximum 80 membres. Et la plus grande manifestation a eu lieu en 1963, avec un peu plus de 200 participants. Depuis, notre idée a été reprise par la province de Tabanan qui a organisé un événement promotionnel et public de 5000 danseurs kecak. Mes deux amis balinais ont du rendre visite à de nombreux groupes kecak pour les convaincre de participer sans être aucunement payés puisque ce n’était pas un événement commercial, et de le faire pour eux aussi bien que pour tous, comme nous le faisions nous-mêmes. De mon côté, je me suis occupé de trouver l’endroit et le financement minimum pour les camions et le feu central géant. Tous les danseurs kecak ont accepté de perdre une journée de salaire pour participer à cet événement et au dernier moment, sur les conseils de la très talentueuse Jane qui avait décidé de filmer l’événement, j’ai invité quelques personnalités en précisant qu’il n’y aurait pas de public ni même de chaises. Un jour de pleine lune, au coucher du soleil, sur une magnifique colline que nous ont gentiment prêté les organisateurs d’une soirée dans le Garuda Wishnu Kencana Park du Bukit, nous avons tous eu la chair de poule pendant une heure, même les cameramen, tous volontaires, en tremblaient ; sauf le grand Douchan qui s’était mis aux commandes d’une grue mécanique pour bien rentrer sa camera dans la danse. C’était la magie de l’émotion de Bali à l’état pur. […] Je ne sais pas combien l’événement, que nous avons aidé à se réaliser, a joué dans la prise de conscience que le monde est en train d’avoir, mais il a sûrement tenu sa place et je suis content de voir les nouvelles générations défendre les valeurs que nous voulons tous, mais que nous avions oubliées tant elles étaient essentielles à notre vie et survie. »

Bali d’avant
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