En randonnée avec un peintre-paysan à Ubud

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Les lecteurs de la Gazette ont découvert le peintre Mandera Dolit il y a un peu plus de deux ans (la Gazette de Bali n°35 – avril 2008) à l’occasion d’un article sur l’école de Keliki, un style de peinture miniature propre à un petit village au nord d’Ubud. Nombreux ont été ceux qui ont rencontré le peintre à la suite de cet article et qui continuent à nous remercier de cette découverte. Rendons à César ce qui lui appartient en félicitant à notre tour Raphaël Devianne, le consul, et Thierry Vincent, de la librairie RendezVousDoux à Ubud, qui nous avaient mis sur sa piste. Serge, un résident d’Ubud, avoue à qui veut l’entendre que Dolit a changé sa vie et qu’il l’a véritablement connecté avec l’âme de Bali. Thierry confesse que lorsqu’il croise la route de touristes déçus par l’urbanisation de Bali, il leur tend la carte de visite de ce peintre et qu’ils reviennent quelques heures plus tard enchantés. Dolit vit modestement de sa magnifique peinture, il a du mal à joindre les deux bouts pour entretenir sa très nombreuse famille alors il organise de petites balades sur mesure pour faire découvrir aux touristes la beauté de sa région.

Nous lui avions demandé un passage de vallée avec un peu de jungle et des rizières en lui spécifiant que nous venions avec des enfants de 10 ans et il a exaucé notre vœu pendant quelques heures. Nous avons d’abord suivi des canaux puis dévalé tranquillement une vallée fort escarpée avant de passer un pont en bambou. En face de nous, des affleurements rocheux, couverts de fougères, dégoulinant d’eau, qui ressemblent à s’y méprendre aux murs végétaux artificiels. Petit chemin à travers la jungle puis pause jus de coco fraîche. Un vieux monsieur qui semblait un peu rouillé a disposé un morceau de tissu noué sur le cocotier et a commencé à escalader l’arbre à notre plus grande surprise. Nous avons terminé notre tranquille balade à travers les rizières, rencontré un groupe de moissonneurs. Arrivés chez Dolit, un déjeuner traditionnel nous attendait, les enfants se sont initiés sous la houlette du maître au style de Keliki et sont repartis avec leur œuvre sous le bras, les parents en ont profité aussi pour acheter quelque tableaux. Ne nous demandez pas le coût de cette balade avec déjeuner, Dolit est l’un des seuls Balinais avec qui il faut négocier les tarifs… à la hausse !

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