Emballage et retour sur Bali

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11 novembre 2007

6h00
Après avoir dormi quelques heures, Mokhtar me réveille vers 6h00 du matin. Nous devons avancer jusqu’à la tribu Buepis et la tribu de Nanai et ensuite rentrer sur Agats. Le canoë est plein avec ce que nous avons récolté à Basim tout au long de la soirée.
Arrivés à Buepis vers 9h30, nous sommes accueillis par toute une bande de nez percés, je ne trouve pas grand chose à part des boucliers et des tifa mais le chef du village réussit à m’extirper 50 $ de taxe.

11h00
Nous fonçons vers Nanei. Le chef est à Basim et je suis accueilli par des jeunes qui me proposent de suite de très beaux tifa.

13h00
Le canoë est plein, il me reste suffisamment de place à l’avant pour me protéger des vents et des embruns. J’enfile mes vêtements de pluie et nous filons vers Agats.
Le trajet est long car nous sommes à contre-courant, nous essayons de faire escale à Ocenep et Omanasep mais la marée est à nouveau trop basse. Au risque d’échouer, nous abandonnons. La nuit arrive et nous sommes toujours en mer, c’est la lune noire, visibilité zéro.
La mer commence à s’agiter, le canoë étant plein, il devient dangereux de continuer. Nous approchons de la côte afin d’y repérer un bifak (abri que les Asmat construisent en cours de chemin).
Il est 23h et nous bivouaquons dans un bifak entre Omanasep et Biwar Laut. Le vent souffle terriblement et a chassé tous les moustiques. Tinus a trouvé un crabe, qu’il s’empresse de faire griller dans le feu. Il me reste quelques biscuits, je propose de faire un hamburger, « Big Mac ou Royal Cheese ? », plaisante Mokhtar.

12 novembre 2007

3h00
Le vent a stoppé et les moustiques sont revenus. Nous remontons illico dans la pirogue et reprenons la mer, toujours agitée. Je me recroqueville à l’avant du canoë, essayant de me rendormir en évitant les embruns.

A Basim, le père de Mokhtar m’a fait cadeau d’un bébé kakatoès trouvé dans la forêt ainsi que d’un perroquet blessé à l’œil et à la patte. Je les ai mis dans deux cartons séparés. Ils semblent apeurés mais en bonne santé. Je m’assoupis.

07h00
Arrivés dans la baie d’Agats, la marée est haute et nous pouvons accoster sur le wharf à 50 mètres de la maison de Nasir. Une fois à terre, Mokhtar, exténué, attache le canoë et rentre chez lui.
Aidé de Tinus et de Sliman, nous déchargeons la cargaison sous une pluie battante. Nous devons faire vite si nous ne voulons pas abîmer les objets récoltés, surtout les salawaku qui risqueraient de perdre leur belles couleurs rouge et blanche.

En une demi-heure, tout est à l’abri chez Nasir. Nous sècherons les pièces mouillées sur le wharf dès que les rayons du soleil sortiront.
Nasir m’informe qu’un navire marchand doit prendre la mer aujourd’hui pour Bali. Il a été affrété par le département culturel et touristique en vue d’une exposition Asmat à Bali. A son bord doivent être chargées sept longues pirogues Asmat ainsi que des statues et des rames. Nasir et Sliman, aidés par Tinus, se chargent déjà de l’emballage de nos pièces. Faisant le point sur nos finances et sur les difficultés à convoyer le fret pour le retour, je décide d’en rester là pour cette fois.

12h00
Je cours chez Pak Sam, responsable du service culturel et touristique. Il m’explique que l’exposition Asmat aura lieu du 21 au 28 novembre. Nous sommes déjà le 12.
Deux hommes arrivent. Buddin, propriétaire d’un bateau originaire de Tomia, une petite île à Wakatobi (Sulawesi sud) et Edi, le capitaine, marin expérimenté de 36 ans, originaire de Probolinggo, à Java.
Il m’explique que le temps presse car il faut 10 jours pour gagner Bali. Nous négocions un tarif raisonnable mais élevé au regard des finances qu’il me reste. Mais je n’ai pas le choix. Pak Sam me propose de s’occuper de toutes les formalités d’embarquement et autres paperasseries administratives. J’accepte volontiers, ça m’évitera des frais supplémentaires.

14h00
De retour chez Nasir, Mokhtar et Nur me proposent leur long boat respectif pour acheminer la marchandise sur le navire. Quatre navettes seront nécessaires pour tout acheminer, pour accélérer la cadence, nous embauchons huit coolies. Nasir prépare des cartons avec les vivres nécessaires pour 10 jours de croisière.

16h00
Tout est désormais proprement rangé à bord. Nos affaires personnelles sont dans la cabine du capitaine que nous partagerons à quatre, Buddin, Edi, Sliman et moi. Il n’y a qu’un seul petit lit mais nous nous l’occuperons à tour de rôle.
Le bateau est un phenisi de 30 mètres construit il y a 20 ans à Sulawesi. Il a l’air propre mais je découvre rapidement que les rats et les cafards l’habitent.
Un vieux Mitsubishi 6 cylindres le propulse. Ici, la plupart des navires utilisent des vieux moteurs de camions. Le mécanicien et le capitaine m’assurent que tout fonctionne parfaitement.

16h30
Les sept pirogues Asmat arrivent près du navire. Il ne reste plus que ça avant de pouvoir démarrer. Une heure suffit à la trentaine de jeunes Asmat pour les charger.

18h00
Tout est prêt, les documents du navire, la cargaison, le mazout, les provisions, l’équipage et même les oiseaux. Yakop, mon jeune kakatoès d’à peine un mois, et Heckel, la perruche borgne.
Le navire est baptisé « Surya Timur ».
Il transporte des marchandises de première nécessité en provenance de Surabaya, vendues dans la région. Habituellement, au retour, il charge des tonnes de bois de santal.
Il y a 7 membres en plus du capitaine : le mécanicien Junaidi et son adjoint Ali, le cuisinier Moya, les hommes de pont sont Jamal, Junaida, Bula et « Bisu », le sourd-muet. Tous sont originaires de Tomia.

20h00
J’ouvre une bouteille de Brandy, puis une deuxième, nous sommes heureux de prendre la mer et tout le monde à bord se régale. Un peu ivre et très fatigué, je m’effondre sur une natte. Ca y est, nous rentrons à la maison !

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