UNE BALADE DANS LE PARC NATIONAL BALI BARAT

PARTAGER SUR

Il y a deux mois, je suis parti à l’aventure dans le Parc national de Bali-Ouest avec deux de mes anciens amis d’école, John Gawthrope and Martin Potter. Quand nous étions encore de jeunes ados en Angleterre, nous passions la plupart de notre temps à marcher dans la campagne de Leicester à la rencontre de la faune et de la flore. 50 ans plus tard, nous étions là à faire la même chose et le poids des ans avait disparu. Il est difficile de décrire l’intensité de cette expérience et le fort sentiment de nostalgie et d’enthousiasme qui s’est emparé de nous avec cette simple activité. Une amitié comme cela est sans égale !

Après quatre heures de route à travers les montagnes, nous sommes finalement arrivés à Sumberklampok, cette enclave du Parc national. Tard dans l’après-midi, nous avons marché du logement vers les jardins du village et à travers des terrains broussailleux, avec les montagnes boisées en arrière-plan. L’odeur âcre des cochons nous a saisis lorsque nous sommes passés devant leurs enclos de fortune. Alors que la lumière commençait à décliner, toutes sortes d’oiseaux allaient se percher dans les arbres épars mais il était difficile de les voir malgré leurs nombreux chants du soir. Alors que mes amis s’occupaient des oiseaux, j’ai pris le temps de retourner des pierres et des buches, ce qui m’a permis de trouver des lézards et un scorpion, qui était bien dissimulé au milieu du bois pourrissant. Nous sommes retournés à notre logement avant le coucher du soleil, où nous avons été accueillis par Pak Ismu et d’autres membres enthousiastes du groupe « Kelompok Usaha Ekowisata Desa ». Ils étaient déjà en train de griller du poisson sur un barbecue dans la cour et nous avons dîné avec délectation.

Une douzaine d’espèces de crapauds et de grenouilles
Quand la nuit est tombée, nous nous sommes dirigés dans les bois avoisinants escortés par un groupe de curieux observateurs. Que pouvions-nous bien être en train de faire dans les sous-bois à une heure pareille ? Alors que nous étions en train de photographier chaque petit insecte ou araignée que nous découvrions, les villageois se sont soudainement déployés en nous appelant pour que nous venions voir quelque chose. Le terrain boisé donnait accès à un espace ouvert marécageux qui, à en juger par le nombre de bouses de vache, devait servir de pâturage la journée, mais les vaches étaient rentrées, bien à l’abri dans leur étable pour la nuit. De nombreuses petites mares étaient éparpillées dans ce pâturage, chacune d’elle gardée par des grenouilles de rizières, les rayures vertes de leur dos brièvement visibles avant qu’elles ne sautent dans l’eau, effrayées à notre approche. Alors que nous nous lancions jusqu’au mollet dans ces eaux boueuses, nous comprenions pourquoi nos guides nous avaient suggéré de porter des bottes en caoutchouc ! Nous avions cependant beaucoup de plaisir à les attraper avec les mains, tout en trébuchant immanquablement et nous retrouvant encore plus trempés à essayer de maintenir nos petites proies glissantes.

Sur un des côtés du terrain, nous avons repéré une vieille mangrove épaisse et le chant des grenouilles qui nous a accueillis était symphonique et beau. Plus d’une douzaine d’espèces de crapauds et de grenouilles ont été répertoriées parmi les feuilles et les branches en putréfaction du marécage. Et les pluies récentes ayant adouci ces eaux saumâtres, les grenouilles ont entamé leurs chants amoureux nocturnes pour attirer leur compagnon. Les petites grenouilles acris (Microhyla) produisent de petits clics et les crapauds-buffles asiatiques avec leurs sonores « Aunk, aunk ! » sont en compétition avec les clameurs rapides de mitraillettes des grenouilles « à lunettes » (Duttaphrynus). En rentrant au village vers minuit, nous avons pris un large chemin et avons trouvé de jolis Dendrelaphis Tristis, ces petits serpents qui dorment pendus aux branches. Le secret pour découvrir tout cela, c’est de marcher très lentement ou même de s’arrêter, alors le décor autour de vous va s’animer !

40 espèces d’oiseaux différentes en un seul matin
Le matin suivant, après une bonne nuit de sommeil, une douche froide et un solide petit-déjeuner, nous sommes partis en voiture dans le parc, accompagné de notre guide de confiance. Avec la voiture, nous roulons au ralenti sur la route défoncée et nous arrêtons fréquemment car notre guide aux yeux de lynx repère souvent des oiseaux ou autres animaux. A l’entrée du parc, nous achetons nos tickets sous le regard de l’incontournable macaque à longue queue que l’on trouve partout à Bali. Un gros écureuil nous regarde avec inquiétude de la cime des arbres et nous roulons gentiment sur le chemin. J’avoue ne pas être un grand fan des oiseaux car ils se ressemblent tous un peu à mon sens mais le nombre d’espèces différentes que j’ai moi-même réussi à dénombrer est impressionnant. Les martins-pêcheurs étaient partout, leur chant puissant tout autour de nous et leur plumage bleu comme en étendard déployé à l’avant de notre véhicule. Les guêpiers, les colombes, les drongos, les passereaux et les barbicans se sont succédé sur la route mais mes amis n’ont pas hésité à s’arrêter et à chercher à pied sur les bas-côtés d’autres espèces alors que je conduisais la voiture plus loin. Ils ont repéré plus de 40 espèces d’oiseaux, pas mal pour un seul matin !

Un daim nous a regardés suspicieusement d’un fourré et encore d’autres se sont éparpillés au loin alors que nous avancions sur le chemin. Les daims ont été chassés pour leur chair dans ce parc, mais il en existe encore quelques-uns. A un moment, nous avons même aperçu des colobinés, qui sont bien plus vifs que les macaques et gardent leurs distances haut dans les arbres, leurs silhouettes disparaissant dans le dense feuillage sombre. Des petits autels, complets avec leurs offrandes fraiches, procurent un surplus de nourriture aux animaux ! Petit à petit, le terrain broussailleux cède la place à un terrain boueux vers le nord, de gros varans s’écartant à notre passage, ainsi que des libellules multicolores de toutes les tailles. Une fois sur la côte, nous regardons les ferries quitter Gilimanuk pour Banyuwangi à Java, avec ses hauts pics volcaniques derrière. Des oiseaux de rivages en quantité et de magnifiques guêpiers nous attendent sur la plage, ainsi que d’intéressantes créatures marines visibles à marée basse.

Bien trop vite, notre expédition était terminée et nous sommes rentrés à la maison par la route des collines, au milieu des poids-lourds et sous une pluie torrentielle qui avait gentiment attendu que notre virée soit presque terminée. Il y a tant de belle nature à voir au nord de Bali mais il faut faire des sacrifices et y consacrer un peu de temps. J’y retournerai encore bien sûr mais le meilleur, c’est quand il est possible de partager tout cela avec des amis proches ! Encouragez quiconque à découvrir le Bali sauvage, ne serait-ce qu’une fois, car il disparait vite !

Pour toutes questions sur la vie naturelle en Indonésie, posez vos questions par courriel à rphlilley@yahoo.co.uk, ou sur Facebook à « Ron Lilley’s Bali Snake Patrol »

PARTAGER SUR

PAS DE COMMENTAIRES

LAISSER UNE RÉPONSE