ANIES BASWEDAN : 1er DISCOURS, 1ère POLEMIQUE

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Le jour de sa prise de fonctions, le nouveau gouverneur de la capitale Anies Baswedan a provoqué une salve de critiques pour une phrase qu’il a prononcée devant ses supporteurs après avoir prêté serment.

Politiciens et analystes ont déploré que ces remarques puissent aggraver les tensions ethniques et religieuses qui avaient déjà marqué son élection à la tête de la capitale au moment où toute la classe politique a appelé à panser les blessures du scrutin le plus clivant de l’histoire récente du pays.

L’ancien ministre de l’Education a dit dans son discours que le temps était venu que les « autochtones (pribumi) soient à nouveau maîtres chez eux et reprennent le contrôle du pays des influences coloniales. »

Cette phrase intervient alors que la notion de tolérance dans ce pays à majorité musulmane est sous surveillance depuis la campagne très disputée qui a vu le gouverneur en place Basuki Tjahaja Purnama, alias Ahok, un Indonésien chrétien d’origine chinoise, condamné à deux ans de prison pour blasphème envers l’islam.

Le mot « pribumi », qui exclut les Indonésiens d’origine étrangère, comme les Chinois, les Indiens ou les Arabes, qui vivent pourtant depuis des générations dans l’Archipel, est devenu le thème le plus récurent sur les réseaux sociaux indonésiens ces dernières 48h.

Anies Baswedan est lui même un descendant de la communauté Hadrami du Yémen et vient d’une famille de dignitaires musulmans respectés.

Certains ont compris le message d’Anies Baswedan comme une façon d’exclure les Sino-indonésiens, une communauté qui fait face depuis longtemps au ressentiment des Indonésiens de souche pour leur contrôle du commerce et des richesses du pays.

Le nouveau gouverneur s’est ensuite expliqué, affirmant que ses commentaires faisaient référence à l’ère coloniale. « Le mot a été utilisé pour expliquer l’ère coloniale hollandaise », a-t-il dit à la presse.

Un leader musulman réputé, Bachtiar Nasir, qui a été un des soutiens de la paire Anies Baswedan-Sandiaga Uno pendant la campagne, avait dit que la richesse des Chinois était un problème et défendait la mise en place d’un programme de soutien pour les Indonésiens de souche.

La Malaisie voisine a une politique de « discrimination positive » selon laquelle les Malais et autres populations indigènes du pays bénéficient de quotas dans les écoles, les entreprises et des prix bas dans l’immobilier.

L’Indonésie est un pays de 250 millions d’habitants majoritairement musulman, mais qui possède des populations importantes de chrétiens, hindous et bouddhistes et des centaines de groupes ethniques.

« Baswedan est en train de déchirer le tissu national avec l’utilisation du mot pribumi », a commenté Rian Ernest, un politicien d’origine chinoise du PSI.

L’emploi des notions de « pribumi » et « non pribumi » est pourtant interdit en politique et dans les instances gouvernementales depuis un décret de 1998, mis en place au tout début de la reformasi.

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4 COMMENTAIRES

  1. L’Indonésie est un pays de 250 millions d’habitants majoritairement musulman, mais qui possède des populations importantes de chrétiens, hindous et bouddhistes et des centaines de groupes ethniques.

    « Baswedan est en train de déchirer le tissu national avec l’utilisation du mot pribumi », a commenté Rian Ernest, un politicien d’origine chinoise du PSI.

    L’emploi des notions de « pribumi » et « non pribumi » sont pourtant interdites en politique et dans les instances gouvernementales depuis un décret de 1998, mis en place au tout début de la reformasi.
    On peut considérer ce mot « PRIBUMI et NON PRIBUMI », également comme un blasphème…éthnique.
    Qu’attendent les instances gouvernementales pour lui faire un procès?
    Ah…oui, je crois qu’il est d’une descendance de famille de dignitaires musulmans respectés.

  2. La « redac » pourrait-elle corriger ses nombreuses fautes de français avant de publier un article? Merci d’avance car cela fait mal au yeux et pas sérieux.

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