Affreux, sales et méchants à l’aéroport de Bali

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Les quotidiens anglophones de la capitale ont tiré la sonnette d’alarme le mois dernier sur la mauvaise réputation indécrottable de l’aéroport de Bali. Depuis toutes ces années, malgré la démocratisation du pays et ses bienfaits
de transparence, le développement de la capacité d’accueil de l’aéroport et les travaux d’extension des terminaux au vu de la popularité grandissante de l’île, rien n’y fait, Ngurah Rai est toujours perçu comme une zone d’arnaques en tous genres. Les journaux de la capitale reçoivent donc de nombreux courriers d’usagers mécontents, victimes de la malhonnêteté du personnel. Ici, à la Gazette, nous avons aussi reçu des plaintes de voyageurs écoeurés et nous en avons publiées à l’occasion dans le courrier des lecteurs. Le Jakarta Post rappelle que « les employés de Ngurah Rai ont une longue et
hideuse histoire de tentatives d’extorsion de fonds sous la forme d’amendes et de taxes. »

Au moment où le gouvernement tente d’augmenter la consommation des touristes pendant leur séjour, notamment en instituant le remboursement de la TVA dès 2010, un témoignage rapporte que des porteurs ont tenté récemment de soutirer de l’argent à des voyageurs qui repartaient de Bali avec de nombreux achats. Le journal rappelle également une affaire qui avait fait grand bruit en 2007, lorsqu’une ressortissante australienne ne possédant que 5 mois et 2 semaines de validité sur son passeport avait été remise dans l’avion après avoir refusé de payer 4000 dollars en sous main à l’immigration. Le vice-président Jusuf Kalla s’était alors énervé et avait fait en sorte que le fonctionnaire coupable soit viré.

« Queue sans fin pour les visas, ordinateurs hors d’usage, sanitaires dégoûtants et fuites des toits », tel est le rapport d’une inspection surprise menée par deux ministres du nouveau cabinet SBY, Jero Wacik et Patrialis Akbar, respectivement ministre du Tourisme et ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, dont le Jakarta Globe se fait l’écho. Le quotidien dépeint l’aéroport de Bali comme « un embarras national et un handicap pour
la destination touristique numéro un du pays.» Le jour de l’inspection ministérielle, 6 des 25 comptoirs de « Visa on Arrival » étaient fermés en raison de problèmes d’ordinateur. « Les touristes devraient être dans un taxi en quinze minutes si nous étions capables d’offrir un service à la hauteur », ont déploré les deux ministres. De son côté, la direction de l’aéroport estime ne plus pouvoir faire face au volume grandissant d’usagers, 9 millions
par an, dont 45% sur des vols intérieurs. Devant ce constat pitoyable, on se demande alors comment, en 2007, Ngurah Rai avait été désigné comme le meilleur aéroport du pays par le ministère des Transports…

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